Barth - Interview

30/04/2008, par | Interviews |
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Ce qui est assez particulier, c'est que tu associes conduite DIY, avec un producteur reconnu, comment fais-tu l'amalgame ?

Et bien je lui donne énormément d'argent ! En fait c'est un copain, il était moins connu quand on a commencé à travailler ensemble, à l'époque il venait de produire l'album de Graham Coxon. Concrètement, c'est juste que le label de Boss Music est voisin de Transcopic, le label de Graham Coxon. Et donc les infos ont circulé qu'on cherchait un producteur et donc voilà ça s'est fait comme ça. Tout se fait par connexion humaine. On a travaillé ensemble puis on est super potes depuis. Je lui fais des morceaux pour la chanteuse des Slits, on a des projets parallèles. On se rend service.
Il apporte énormément. C'est super dynamique. Ça sonne plus gros, beaucoup de basses et d'aigus, un spectre de sons assez difficile à trouver en France, il amène des musiciens exceptionnels. Il a un sacré carnet d'adresses, comme l'apport de Urban Soul Orchestra, un orchestre londonien qui s'adapte à tes besoins. Puis il y avait Christophe Boissière, qui a fait tous les arrangements de violons. En amont j'ai Axel Concato, pour l'image j'ai Fabien Leroy et Vicente Sahuc. Ces différents pôles s'imbriquent et je fais des featurings avec les musiciens de Mike.

Tu te définis comme un artiste solo, mais Barth c'est en fait toute une équipe avec les habituels Axel Concato, Mike Pelanconi et consorts.
C'est vraiment une famille. Il y a deux moments. D'abord je fais mes morceaux tout seul puis je déverse mes morceaux 8 pistes sur le 24 de Mike, puis on fait des photos avec les potes. Pour le son, on bosse ça avec les Anglais.

Tu te verrais travailler sans eux ?
Je ne me pose même pas la question. Peut-être que le prochain je le ferais plus tout seul, pour revenir un truc plus dépouillé avec peut-être un trompettiste par là. Mais je n'en sais rien c'est vraiment mouvant, tout dépend de l'évolution des autres aussi.

On peut dire que la promotion de "Cuchillo" est soignée, tu penses que ce disque peut être important pour toi, la suite ?
C'est parce que j'ai un éditeur qui est très bon (Vincent Mayrolles). Ici d'ailleurs est un super partenaire mais j'ai cette chance d'être propriétaire de toutes mes bandes. Si demain on veut travailler avec un label scandinave, on peut. Travailler où on veut, c'est une sacrée liberté. Ca permet d'aller travailler à l'étranger et aussi par conséquent pouvoir faire des tournées à l'étranger.

On sent pas mal d'ambition, des cordes, des univers plus, comment dire, plus ouverts, espacés...
On a tout monté d'un petit cran, par exemple on est passé d'un 16 pistes à un 24 pistes. Le son est plus clean, il y a plus de violons. Je pense que ça se ressent mais ce n'est pas une débauche d'argent, c'était une envie pour les arrangements de corde, l'écriture est fondamentalement différente. C'était super, il y avait des tensions humaines, parce qu'il y avait de l'argent en jeu, à 6000€ le quart d'heure tu fais gaffe !

Mais toujours en gardant cet univers pop/dub, une case que tu es un peu le seul à occuper dans notre beau territoire.
J'ai tellement l'impression d'être inconnu en France et c'est le cas... Je n'ai pas beaucoup d'affinités sauf avec mes potes. D'ailleurs Axel sort un disque fin de l'année. Je trouve que le microcosme parisien est vraiment petit, ça manque sacrément d'urgence. C'est ce qui me manque le plus de la scène anglaise.

D'où t'es venu l'idée de cette nouvelle image western-spaghetti ?
Avec Vicente Sahuc, on avait parlé vaguement de faire une pochette d'album ensemble et puis on avait parlé du film "Cuchillo" (un western spaghetti des 70's). Puis on est partis cinq jours en Argentine, et je le vois arriver à l'aéroport avec un gros sac, il avait ramené 35 mètres de tissus et sa machine à coudre ! Donc il m'a fait un super costume puis on a pris des clichés pendant le séjour et ça a donné cette pochette. Pour avoir ce saut-là on a fait au moins 200 prises! J'aime bien l'impression donnée par cette pochette, on peut croire que c'est tiré d'un film et en fait non.

L'image que tu donnes a l'air importante pour toi, non ?
Oui j'adore ça. C'est un truc qui nous intéresse tous dans la bande puis ça me ferait chier d'avoir une pochette pourrie, euh elle est bien non? (rires)
Mais il n'y a aucun concept. Je n'ai pas fait un album sur le cinéma italien des 70's.


Photos Julien Bourgeois
Merci à Melissa et Florian 

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