Barbara Carlotti en Dandy-Girl nébuleuse

10/02/2011, par Christophe Patris | Concerts |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

La dernière fois qu'on l'avait vue sur scène, elle avait recouvert le Café de la Danse de sable blanc et de crème solaire. Avec le spectacle "Sur le sable chaud", Barbara Carlotti, accompagnée de nombreux amis invités, revisitait en 2009 son répertoire avec une cohérence toute estivale qui n'était pas sans rappeler ses origines corses. C'est donc curieux qu'on la retrouve deux ans plus tard à la Cité de la Musique pour cette "Nébuleuse Dandy", déjà ébauchée lors d'une création radiophonique pour France Culture. Vêtue d'une robe entièrement faite de cheveux blonds, le visage balafré d'un éclair mauve à la Ziggy Stardust, Barbara Carlotti annonce d'emblée la couleur : il ne s'agira pas d'un concert. De fait, la chanteuse, très à l'aise, feuillète les livres de sa bibliothèque, raconte des anecdotes, dialogue avec ses musiciens en se promenant dans l'univers des dandys. Baudelaire, évidemment, mais aussi Yves Adrien, Lampedusa, Wilde,... Le tout entrecoupé de chansons composées spécialement pour l'occasion (sublime "Lord Byron", dont elle aurait croisé le fantôme errant en Grèce), mais aussi des reprises : les Kinks, T-Rex, Christophe, un incroyable "Lamento per la morte de Pasolini" extrait des oubliettes de la musique contestataire italienne des années 70... Evidemment, la chanteuse nous gratifie également de quelques titres personnels. C'est l'occasion de réentendre "Les Italiens", chanson pop imagée et solaire issue du projet (encore un !) "Fantaisie Littéraire", mais aussi "L'Idéal", "Vous dansiez", "Cannes" ou encore "La nuit des astres". On est surpris par la cohérence de ces titres, qu'on avait laissés sur la plage ensoleillée du Café de la Danse, et qui trouvent très naturellement leur place au c½ur de cette Nébuleuse. Pendant 90 minutes, les références et les noms fusent comme des comètes : Jean Genet, Ingrid Caven, Jean-Jacques Schul, Andy Warhol, Visconti... Le tout illustré de vidéos expérimentales. Des amis dandys font également irruption sur la scène : Bertrand Belin (pour une très belle reprise de "Each Man Kills the Things He Loves", immortalisé par Jeanne Moreau dans "Querelle" de Fassbinder), et puis Alain Chamfort, le temps d'un duo sur "On dit", extrait de son dernier album "Une Vie Saint Laurent". Si la conférence prend parfois des allures un peu scolaires, l'aspect récréatif de cette nébuleuse évite heureusement le didactisme. On sent chez la récitante une vraie passion pour son sujet, et l'émotion dans sa voix est sincère à la lecture d'"Un jeune homme chic" d'Alain Pacadis. Loin de toute nostalgie, Barbara Carlotti rêve (et c'est communicatif) d'un dandysme du 21e siècle, encourage à son tour à l'indignation et à la contreculture. http://www.myspace.com/dandygirl

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals