Band À Part - Interview

05/01/2015, par Rémi Mistry | Interviews |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

Dans la famille Elefant Records ("sweet pop since 1989"), je demande Band À Part, un jeune duo Madrilène composé d'elle (Coral Rodriguez) et lui (Javi Román) qui verse dans l'ultra -pop tendance bubblegum avec une louche de rétro-futurisme. Les espagnols ont publié cette année “Maravillas De La Ciencia”, une compilation qui prend la forme d'une rétrospective de leurs premières années (2010-2014). On y retrouve vingt-deux titres issus de leurs différents EP ("La Aventura Orginal", "Una Persona Normal Con Gafas De Metal", "No Sé Por Qué"…) plus moult inédits et démos. Soit un échantillon de petits bonbons sonores (et visuels) acidulés avec ce qu'il faut de romantisme et de naïveté pour prendre le contre-pied d'une époque où cynisme et second degré sont devenus la norme. Si leurs chansons remplies de jolies mélodies et de mélancolie pastel ne bouleversent pas l'ordre du monde, elles contribuent du moins à l'adoucir. Nous avons posé quelques petites questions au couple, histoire de lui tirer le portrait. Réponse en chœur. 
 

band a part 1

Naissance du groupe

"Nous nous sommes rencontré chez un ami à Valence, durant des vacances. Depuis ce jour et jusqu’à maintenant, nous faisons de la musique ensemble. Concernant le choix du nom du groupe, on aime tous les deux le cinéma de la Nouvelle Vague. Peu après notre rencontre, on est allé voir A Bout de Souffle de Godard, un de nos films préférés, et on s'est dit que Bande À Part serait un nom idéal, on a juste enlevé le "e" pour le rendre plus symétrique. On est un groupe pleinement démocratique : on écrit, compose, crée les pochettes et filme tous les deux. Si quelque chose ne plaisait pas à l’un de nous, on le rejetterait automatiquement." 

 Influences musicales

"Nos principales influences sont la sunshine pop des années 1960, la pop synthétique des années 1980, l’indie et le shibuya kei des années 1990 (ndlr : un sous-genre de la Jpop dont fait partie Pizzicato Five ou Fantastic Plastic Machine). Pour définir notre musique, disons qu'une étiquette du genre "indie pop énergique et optimiste" pourrait convenir."

Univers visuel

"On prend en main l’intégralité du processus créatif, depuis l’idée initiale jusqu'au tournage en passant par la post-production, car on est professionnellement impliqués dans l’audiovisuel. Pour nous, l’esthétique et l’univers d’un groupe sont aussi importants que la musique elle-même. Cela influence grandement la perception quand on écoute les morceaux et c’est pourquoi on s'efforce d'y faire attention."

 Etat d'esprit

"On ne sait pas ce qu’il en est en France, mais en Espagne, les groupes indie ou underground se prennent trop au sérieux. Etre optimiste ou partager des sentiments heureux est généralement interprété comme une marque de niaiserie. On parle de choses qui nous intéressent et qui sont presque toujours de l’ordre du quotidien. Les paroles ne sont pas souvent joyeuses, mais la musique ajoute de l’optimisme à l’ensemble, car on pense que ressasser des choses de manière négative et cynique ne conduit à rien."

Choix du label

"Elefant Records est le label dont on a toujours voulu faire partie. On a enregistré une démo avec dix chansons qu'on leur a envoyées et ils nous ont immédiatement répondu qu’ils adoreraient sortir un single. On se sent donc très à l’aise avec Luis et Montse (ndlr : à la tête du label), car non seulement on est d’accord sur les aspects musicaux et esthétiques, mais en plus on entretient de bonnes relations. On a l'impression de faire partie d’une petite famille. D'ailleurs, on aime la plupart des groupes du label et on peut avoir des similarités avec certains d’entre eux comme Fitness Forever, la Casa Azul ou Modular…"

 

“Maravillas De La Ciencia” (Elefant Records). Page Facebook du groupe

Propos recueillis par Julie Ducamp et Rémi Mistry

Photo de Dara Queseda

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals