Aswefall - Fun Is Dead

19/05/2010, par Christophe Despaux | Albums |
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ASWEFALL - Fun Is Dead
(Isolering / Module Music) [site] - acheter ce disque

ASWEFALL - Fun Is DeadJeunesse cold, quand nous laisseras-tu respirer, à t'agiter en nous comme Alien dans l'intestin grêle de ce pauvre John Hurt ? Quand pourrons-nous enfin nous plonger dans l'intégrale Stax ou le folk anglais millésimé ? Pourquoi te réveilles-tu toujours quand il ne faut pas ? On s'était dit un matin que le triple album de Joanna Newsom allait nous conquérir, qu'on était trop hostile à ces falbalas harpiques 100 % nature et sans Javel, que c'était pitié, qu'on allait s'amender. Mais voilà après de longues minutes où l'on croit voir Panpan fouir interminablement la tourbe et agiter sa touffe blanche sous nos yeux écarquillés, on avise que le nouvel Aswefall est à deux clics de notre délivrance. Tel E.T. nous pointons notre doigt le plus long en criant "maison" ou plutôt : "Fun Is Dead", l'histoire de nos vies. On les admire déjà pour ça, Aswefall n'a absolument pas capitalisé sur "Between the Miles", ce tube au titre prédestiné pour illustrer une campagne publicitaire de compagnie aérienne. Le duo franco-suédois a d'autant mieux fait que cette berceuse simili-Mazzy Star était son morceau le plus maladroit. Bien loin d'une quelconque sirène mainstream, "Fun is Dead" marque un salutaire retour aux fondamentaux. Dès l'ouverture éponyme, c'est comme si un remix d'"Atrocity Exhibition" avait expulsé voix et guitare avant que, "in cauda venenum", un accord plaqué venu de nulle part n'assaille l'auditeur comme une piqûre de raie en eaux troubles. Ce son extrêmement travaillé et qu'on garde longtemps en mémoire témoigne du minutieux travail de production. Le passé et le présent vivent en bonne entente chez Aswefall et si une guitare très Sisters of Mercy innerve "Nevermore", le beat qui le propulse est totalement contemporain. "We could hide from the rest of the world", est chanté sur le prenant "Shadows of Love", mais le monde n'a pas dit son dernier mot. Introduit par une basse sépulcrale, "Memphis" avance comme par magie sur un tapis de percussions emprunté à "All Cats Are Grey" (souvenez-vous, jeunes gens : "Faith" Cure, 1981) – comme en apesanteur Mau, le chanteur d'Earthling, murmure "I don't want you to go" et notre cœur de se serrer. Quel disque en 2010 nous parlera mieux de notre jeunesse cold bien refroidie ? Aucun.

Christophe Despaux

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