Festival Art'Rock - The Black Heart Procession, Why?, John Lord Fonda, Depth Affect, The Rakes, Katerine, Happy Mondays, dEUS, Yeah Yeah Yeahs

22/06/2006, par et Ursagraph | Festivals |
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dEUS, dégaines de stars dilettantes, entre sur scène alors que le soleil briochin se fait moins pesant. Entre les incontournables du dernier album, "Pocket Revolution", les Belges enchaînent leurs tubes d'un passé devenu mythique : "Roses", "Instant Street", jusqu'à un "Suds & Soda" puissant et hypnotique qui prend sur scène une incroyable dimension. dEUS est très fort, joue très fort, mais l'heure de passage de leur rock du Nord les empêche de monter sur le podium de la soirée. Entre un kebab suintant de graisse et une bière dégustée aux derniers rayons du soleil, le public suit mollement ce qui se passe sur scène. Passer après un Katerine déchaîné n'est pas chose aisée. Mais Tom Barman n'en a que faire et livre pendant près d'une heure son rock sans chichis, démontrant au passage que sa voix ambrée est pour beaucoup dans le résultat final. Concentré, appliqué et intense, dEUS fait mieux qu'être un nom sur le programme d'un festival bien achalandé. A revoir avec plaisir aux Vieilles Charrues...
C'est avec une certaine impatience que j'attends le concert des Yeah Yeah Yeahs puisque l'on sait que désormais les New-Yorkais ont épaissi leurs mélodies, en n'oubliant pas de perpétuer leur hargne légendaire. Karen O, dans une tenue digne d'une méchante garce d'une série de science fiction de série Z, arrive cette fois-ci à faire son show sans en faire des tonnes (contrairement à Saint-Malo en 2003). Imaad Wasif (ex-Folk Implosion), nouveau venu devenu indispensable pour réaliser les morceaux plus structurés et travaillés de "Show Your Bones", s'amuse fiévreusement tout seul dans son coin. Chase et Zimmer sont plus modérés dans leur présence mais tout autant impeccables. Les New-Yorkais vont alterner les titres garage de leur premier album ("Rich", "Date With The Night", "Pin") avec les énergiques et intelligents morceaux de leur dernier opus ("Honeybear" et "Cheated Hearts"). Définitivement vive New York !
On les attendait au tournant, les Happy Mondays. Tout d'abord parce qu'à leur grande époque - 89/90 - leurs concerts avaient la réputation d'être plus des happenings baignant dans la bière tiède et les substances interdites que de véritables tours de force scéniques. Dès le premier morceau, "Kinko Afro" et son "yeeppi ipi ya ya yé", on se dit que rien n'a changé : le son est plutôt mauvais, les samples vampirisent le reste des instruments et Shaun Ryder hurle comme... Shaun Ryder. Pourtant, au fil du set, le son s'affine, devient plus chaud, plus "groovy" et la mono-danse de Bez achève les plus sceptiques. "Mad Cyril" se mue en "Jumpin' Jack Flash" des Stones et le rappel "24 Hour Party People" met les premiers rangs en transe. Pour les convertis comme pour ceux qui ne les connaissaient pas, les Mondays seront la bonne surprise de la soirée, mélangeant soul américaine et électro prolo comme seuls les Anglais savent le faire. Même si on peut regretter l'absence de nouveaux titres - à l'exception de "Playground Superstar" issu de la BO du film "Goal" - dans cette revue "Madchester" subtilement débridée, on se dit que les Happy Mondays mériteraient sans doute de voir rapidement leurs disques réédités.
Au même moment, Liquid Architecture joue à la Passerelle. Quelques curieux ont évité le concert des Mondays pour découvrir ce duo parisien. Mal leur en a pris car les compositions plates du duo ne sont pas rehaussées par le jeu de scène involontairement ridicule de Jérôme Sans et d'Audrey Mascina (c'était censé être sexy ?!).

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