Arab Strap - La Guinguette Pirate, 25 et 26 juillet 2003

06/08/2003, par matthieu malon | Concerts |
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ARAB STRAP - La Guinguette Pirate, 25 et 26 juillet 2003

Ce vendredi de juillet, en se rendant sur les quais de Seine pour assister au concert d'Arab Strap, on aurait largement pu s'imaginer chez eux, en Ecosse : le ciel est gris, bas et la pluie tombe sans interruption.
Mais l'événement est de taille, Arab strap est en effet à Paris pour présenter, sur deux soirées, une lecture acoustique des chansons de leur dernier album "Monday at the hug and pint", sorti en avril dernier chez Chemikal Underground.

Très tôt, la foule se presse au guichet et on peut alors assister à une des plus grandes files d'attente jamais vue à la Guinguette Pirate ; beaucoup repartiront d'ailleurs bredouilles, le concert affichant quasi complet.
L'excitation monte autour de quelques pintes de bières et vers 21h15 c'est Malcolm Middleton (guitariste d'Arab Strap) qui débute la soirée avec un set acoustique intense et très sobre.
Il jouera pendant 40 minutes environ la quasi totalité des morceaux de son album solo "5:14 fluoxytine seagull alcohol john nicotine", refermant son set par le dernier morceau du disque "the devil and the angel". J'en frissonne encore.
Petit hic tout de même, Malcolm a choisi de jouer assis et la salle étant pleine à craquer, il fut quasiment impossible de l'apercevoir après le 4e rang.
Puis c'est au tour de Porcelain de monter sur scène. Déjà entrevu quelques mois auparavant, le groupe livrera ici une prestation d'une bien meilleure qualité, avec des arrangements moins brouillons et bien plus personnels. En final, ils nous offrent une reprise d'Arab Strap ("New Birds") et du coin du bar contre lequel je suis appuyé, je surveille discrètement Malcolm en pleine écoute attentive de cet hommage plutôt réussi.
Mais place aux écossais ! Après leur dernière prestation plutôt décevante au Divan du Monde, deux ans auparavant, j'avoue être un peu dans l'expectative. Et comme par hasard, ils se font attendre...
Enfin, 15 minutes plus tard, le concert commence par "Who Named The Days", dans une version totalement fidèle à celle présente sur le disque.
Le son dans la salle est très bon, très chaud et la voix d'Aidan porte très bien. La formation acoustique (violon, violoncelle, guitare et pedal-steel), renforcée par une boite à rythmes et parfois une basse, interprète sans trop de difficultés les morceaux du dernier album (ils ont vraissemblablement été composés comme ça) et les morceaux plus anciens sont revisités de façon intelligente, minimale et inspirée.
Aidan semble très à l'aise sur scène et cela fait plaisir à voir. Débarassé de quelques toxines et de plusieurs kilos (15 au bas mot), il reste très concentré et chante vraiment très bien.
Le groupe enchaine les morceaux de chaque album, à l'exception de "The Red Thread" et on savoure notamment quelques chansons de "Philophobia" ("Here We Go", "Soaps").
Arab Strap se permet en fin de concert une version un peu plus disco de "The Shy Retirer" (prochain single du groupe) et une formidable reprise de "You Shook Me All Night Long" d'Ac/Dc. La foule chante avec eux. Les applaudissements n'en finissent pas mais le concert s'achève et, le Dj lançant "100%" de Sonic Youth, je me dis que j'ai déjà hâte d'être au lendemain.

Le lendemain justement c'est samedi et, même heure, mêmes conditions climatiques, je suis de retour sur le pont de la Guinguette.
Forcément, ça ne fait plus tout à fait le même effet que la veille. Malcolm commence le concert par un set plus court et composé de quelques nouveaux morceaux plutôt prometteurs. Kolja, qui remplace Laura Veirs et dont je ne sais pas grand chose, propose ensuite un set dont je n'ai pas beaucoup de souvenirs mais qui a, semble-t-il, fortement été influencé par John Cale.
Le concert d'Arab Strap qui suit est loin d'égaler celui du vendredi.
D'abord, étrangement, le son est moins bon, moins précis, la guitare est à peine audible et la voix bien moins claire. Puis surviennent les problèmes techniques (la boite à rythmes s'arrête à plusieurs reprises) et Aidan lance un "foucking drum machine" à l'assemblée. Apparemment, ça ne les amuse pas et le groupe perd un peu de sa concentration.
Arab Strap jouera ce soir là les mêmes morceaux que la veille mais au cours d'une prestation moins brillante. Serait-ce fait exprès ? Cultivent-ils la frustration de leur public ? Je ne pense pas mais je quitte en effet le bâteau (où tout le monde danse au son de Dj En Vert) en souhaitant que leur prochaine venue à Paris soit à l'image du concert du vendredi 25 juillet 2003 : impeccable !

Matthieu Malon

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