Albums - Petit Vodo, Kohann, Lady Godiva, Mary X

10/07/2000, par Sylvain Bertot et Gildas | Singles en bref |
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ALBUMS - par Gildas fâché et Sylvain

PETIT VODO - Sixty Nine StereovoxPETIT VODO - Sixty Nine Stereovox
(Vicious Circle / PIAS)
Les amplis qui crient et les guitares qui s'affolent, les habitués du Jon Spencer Blues Explosion se retrouveront à l'aise dans ce disque. C'est à grands coups de latte dans les côtes que l'homme orchestre de Petit Vodo réveille le blues et le fait groover pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur, ce sont les mouvements incontrôlés que le corps effectue aux accents dérangés de cette musique diabolique, le pire c'est la fatigue que ce même corps éprouve à la fin de cet album tant il est dense. A la manière de Doo Rag, le son est riche et sans concession, énergique et déjanté. Seul et livré à lui-même, la pieuvre humaine qu'est Sébastien Chevalier jongle avec les instruments, son sampler et le micro. Parfois une choriste apparaît dans le décor, à moins que Sébastien n'ait un registre de voix particulièrement développé. Monstre de foire au charisme impressionnant, condensé de jus d'énergie, ce disque est à réserver aux plus courageux qui aiment mouiller le maillot (c'est vrai quoi, je n'ai plus vingt ans, non plus...).

KOHANN - Mil BedKOHANN - Mil Bed
(Sonjeen / WEA)
En d'autres temps, la notion de "musique électronique bretonne" aurait été rédhibitoire. Ajoutée à cela la mauvaise foi jalouse du normand que je suis, et cet album aurait dû se heurter violemment à mes préjugés les plus tenaces. Depuis, cependant, l'alliance heureuse de Denez Prigent -adepte des festou-noz- et de Zend Avesta -le sorcier électronique que l'on sait- a prouvé que le concept pouvait se traduire autrement que par de ridicules binouiseries de synthèse. Kohann, d'ailleurs, et malgré la présence dans le trio d'un proche d'Alan Stivell, n'exploite de sa celtitude que la langue bretonne, agréablement chantée par Michèle Gaurin. L'accompagnement musical se résume, pour sa part, à un trip hop tout à fait plaisant et maîtrisé. La Bretagne n'a donc plus à remuer le spectre d'une tradition musicale fantasmée ; elle trouve grâce à ce genre d'initiative, sa place naturelle sur l'échiquier de la pop internationale. De quoi persister dans l'aigreur : demain, c'est décidé, je m'efforce à chanter dans mon patois normand natal sans évoquer Licence IV.

MARY X - Tedious Time
(Euphrate Records)
Voilà un disque qui commence bien : guitares placides, bruits de fond en écho, atmosphère calme et délicate d'un post-rock un poil jazzy fait à la maison avec plein de bons sentiments. Ce n'est pas Madrid ou Tortoise mais c'est respectable. Et puis ça prend un tournant désagréable après 2 minutes et 58 secondes quand la voix du chanteur se fait entendre et tout se casse la gueule à 4 minutes et 41 secondes quand il se met à beugler alors que cela n'est absolument pas nécessaire. Je n'ai jamais vu un disque aussi gâché par une voix aussi mal travaillée. Et c'est dommage parce que les mélodies en forme de tourbillon passant du calme à la tempête sont là, les instrumentations sont bien équilibrées, les guitares accrocheuses entre Mogwai et (parfois) Dinosaur Jr sont vives et pas chiantes, June Of 44 n'est jamais très loin non plus. Mais cette voix me gâche le plaisir et je suis obligé de me rabattre sur les quelques passages instrumentaux de cet album zappant d'un titre à l'autre dès que la Castafiore pointe son nez. Alors voilà ce que je vous propose : on achète tous cette démo et, avec les maigres bénéfices qu'ils en retireront (à 80f la galette, ils ne doivent pas gagner des masses), les jeunes gens de Mary X achètent un baillon pour leur chanteur...

LADY GODIVA - LOUISE BROOKS AVENUE _LADY GODIVA - Louise Brooks Avenue
(Spirit Of Jungle)
Trio électronique, affublé de noms de scène frôlant de très près le ridicule, ce groupe s'est donné pour mission de donner un nouveau visage à la pop. En d'autres mots, ils veulent la défigurer à grands coups de pseudo trip hop vitriol. En se réfugiant derrière une imagerie gothique à 2,50 F, les trois petits cochons Tallulah X, Krees D, et Foxx Murder sont parvenus en deux écoutes seulement à me dégoûter de la musique électronique. On se demande encore comment une maison de goût comme Spirit (Calc, Papas Fritas, (Tulip), Otis Wood...) a fait pour signer des teignes pareilles... Comment ça je suis méchant ? Ecoutez donc et faites-vous une opinion.

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