Albums - The Patriotic Sunday, Electrophönvintage, the Days

01/04/2005, par | Albums en bref |
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ALBUMS par Vincent

THE PATRIOTIC SUNDAY - Lay Your Soul BareTHE PATRIOTIC SUNDAY - Lay Your Soul Bare
(Effervescence/La Baleine) - achetez

On a découvert The Patriotic Sunday - alias Eric Pasquereau, jeune Nantais de 22 ans - l'année dernière, sur la compilation "Manifeste" du label Effervescence. Dans un ensemble dominé par des expérimentations plus ou moins bruyantes et/ou électroniques, ses délicats arpèges et son timbre clair se distinguaient d'emblée. Extrême dépouillement - une voix, une guitare sèche, quelques instruments additionnels de temps en temps - qu'on retrouve sur son premier album, "Lay Your Soul Bare". Les promesses de "Violeta" (le morceau qui figurait sur "Manifeste", et qu'on retrouve ici) sont tenues sur dix autres titres assez proches dans l'esprit. Le talent de l'auteur est indéniable, il chante dans un anglais parfait (il a vécu aux Etats-Unis de l'âge de 5 à 10 ans, forcément ça aide) et l'ensemble est d'une délicatesse rare. On pense par moments à Cohen, Drake, Jobim, ou aux premiers Everything But The Girl. Pourtant, on a du mal à s'enthousiasmer autant qu'on le voudrait. Peut-être que 50 minutes (pile) d'une telle nudité - on a l'impression de surprendre Pasquereau en train de jouer dans son salon, avec quelques amis -, c'est quand même un peu long. On veut bien croire qu'il n'avait de toute façon pas les moyens d'enregistrer un orchestre symphonique, mais des arrangements plus touffus ou un son plus charpenté sur certains morceaux (façon Angil, par exemple) auraient apporté le relief qui fait défaut ici. Par ailleurs, une légère tendance à la complaisance - aussi bien au niveau des paroles que de la musique - empêche parfois l'adhésion. A la faveur de la première moitié de l'album, qui aligne des chansons particulièrement réussies, on peut quand même miser quelques dollars sur ce Patriotique Dimanche.

ELECTROPHÖNVINTAGE - We Sang a Yéyé SongELECTROPHÖNVINTAGE - We Sang a Yéyé Song
(Unique records/La Baleine) - achetez

Il y a quelques points communs entre "Lay Your Soul Bare" et "We Sang a Yéyé Song" d'Electrophönvintage : projet de jeune homme seul (ici le Grenoblois Rémi Parson, guitariste de A Place For Parks) sous nom impossible, pochette soignée avec égérie (?), acoustique en chambre - de cité U, en l'occurrence. Sauf qu'ici, on sait faire court : dix chansons en 18 minutes, un format qui rappelle quelques beaux disques de Felt ou Harvey Williams. Comme musicien et chanteur, Parson n'est pas vraiment au niveau de Pasquereau. Mais son art poétique est plus immédiat : guitare-basse-batterie d'un solide classicisme (l'école Sarah/Creation), accroches mélodiques, textes qu'on n'a pas fait entrer au chausse-pied dans les chansons. Ça reste anecdotique, sûr, mais pour une soirée de printemps, c'est parfait.

THE DAYS - Neverlasting Love
(Autoproduction)

Enfin, puisqu'on fait le tour de France des indés méritants, on s'en voudrait de ne pas finir à Lyon, chez The Days, dont l'album, du haut de son étagère, nous regarde depuis déjà des mois avec un air de reproche. Pas très pote avec la mode, "Neverlasting Love" est le genre de disque qui peut facilement se perdre dans la profusion de "l'actualité musicale". Ce serait pourtant dommage. Là aussi, on chante en anglais, mais depuis nettement plus longtemps : Julien Ferrand a commencé le groupe il y a une douzaine d'années, avec quelques K7 démos qui révélaient déjà une écriture très affirmée, suivies en 1999 par un premier album, "Solar Spectrum". On retrouve ici ses obsessions (Bolan, Bowie, Ray Davies, soit une certaine pop britannique plus ou moins décadente), dans des morceaux moins immédiats que par le passé - certains lecteurs lyonnais se souviendront peut-être avec émotion de "Modern Folk" ou "Whistling Guitar" -, mais aux arrangements plus subtils et variés. Plutôt sombre - les textes tournent pour la plupart autour d'une rupture douloureuse -, "Neverlasting Love" a l'élégance de nous épargner les ruminations aigres et narcissiques et offre un mélange bien dosé d'acoustique, d'électrique et (un peu) d'électronique. La voix de dandy amer à la Peter Perrett (Only Ones) est, elle, toujours aussi séduisante. Il serait temps que les jours de The Days adviennent enfin.

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