Albums - L'heure pop, Cobra Killer, Xiu Xiu

01/09/2004, par Violaine Schutz | Albums en bref |
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ALBUMS par Violaine

V/A - L'heure popV/A - L'heure pop
(Chroniques Sonores)

Le pastis, le poisson à la criée, le vieux port, les supporters de l'OM en délire...les clichés sont légion quand il s'agit d'évoquer Marseille. Mais derrière les clichés se cache une grande part de vérité. Après avoir vécu 20 ans à Marseille, y être née, et y retourner très souvent, je peux vous dire qu'il ne fait pas beau être une "poppeuse" au pays des kékés.
Avec le lot d'insultes que comporte cette maladie honteuse qu'est la pop, je ne peux que tirer bien bas ma révérence devant ces chansons pop marseillaises, troussées avec chaleur et élégance. Tout n'est pas du même acabit, mais certains groupes se détachent du lot comme les fabuleux Deziel, et avec leur "On n'est pas sérieux quand on a l'air d'avoir 20 ans", qui tutoie Katerine et Dominique A. Vous reprendrez bien un petit Ricard ?


COBRA KILLER - 76/77COBRA KILLER - 76/77
(Monika entreprise)

Les teutonnes de Cobra Killer n'ont rien à envier aux Supervixens de Russ Meyer.
Gina et Annika se sont fait une réputation sulfureuse grâce à leurs concerts : sur scène, elles font du catch, se roulent par terre, dansent le hoolahup, s'aspergent de vin rouge....
Leur musique est tout aussi osée : punk trash, samples rock 60's, electro bruitiste.
Cobra Killer créé sa musique d'après une image de plasma sanguin grossi au microscope, ce qui vous donne à peu près la couleur! Sauvage et incontrôlé, ce "76/77" est d'une beauté rare : des morceaux comme le doucereux "High is the pine" (très Shangri-la's) ou le tubesque "I like it when it burns a bit", aux relents garage, sont de vrais petits chef d'œuvres d'un genre nouveau : le mariage improbable de Genesis P-Orridge et de Diana Ross. La relève des défunts Boss Hog est assurée !

XIU XIU - Fabulous MusclesXIU XIU - Fabulous Muscles
(Acuarela / Discograph)

Il y a des disques qui font mal et qui vous tirent des larmes dès la première écoute, et pourtant vous ne pouvez pas vous empêcher de vous infliger cette torture, parce qu'au fond , vous êtes un peu maso, et parce que toute cette tristesse, c'est tellement beau. Le disque de Xiu Xiu, est de ceux là. Des textes habités qui parlent du suicide d'un père, des mélodies torturées, une voix d'outre tombe, des riffs rageurs... L'opus du musicien Jamie Stuart a des airs de chant mortuaire, que les dandys d'Interpol ne renieraient pas.
Une longue plainte cold wave ("Crank Heart", 80's à souhaits, et "Little panda mcelroy" habité par l'orgue de Nico) qui flirte encore avec l'ombre de Ian Curtis (dont les "muscles fabuleux" bandent encore sur pas mal de morceaux). Doué pour retranscrire musicalement la difficulté de vivre, et ré-ouvrir les plaies, Xiu Xiu frappe fort où il faut, pour peu que vous portiez une gabardine en cuir, et les yeux cernés de noir. Pour les autres, ressortez le Prozac, vous en aurez bien besoin!

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