Albums - The Singles, the Jessica Fletchers, The Lovethugs, Myracle Brah

19/05/2004, par Laurent Vaissière | Albums en bref |
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ALBUMS par Laurent

On connaissait en fait le label américain Rainbow Quartz sans le savoir : grâce à des accords de distribution qui permettaient de trouver par ici les disques de Cotton Mather sur le label Spirit of Jungle (en échange de quoi les américains pouvaient bénéficier des excellents disques des frenchy Sweet Apple Pie ou Strawberry Smell). Pour résumer, de la pop millésimée sous haute influence sixties Beatles/Who/Kinks et consorts. De nouvelles sorties - dont The Singles, distribué en France par DG diffusion - confirment le talent de passeur spatio-temporel de Jim McGarry, le boss de Rainbow quartz : remontons en 1964...

THE SINGLES - Better than beforeTHE SINGLES - Better than Before

...et écoutons le nouveau single des Singles, "There's nothing wrong when i'm with you", qui pourrait bien faire de l'ombre au "I want to hold your hand" de leurs voisins Beatles. Sauf que l'on n'est pas à Liverpool en 1964 mais à Detroit en 2004. L'illusion est parfaite : les quatre jeunots ont le look, le son et les chansons. Ils doivent même se sentir un peu seuls parmi leurs camarades de classe qui écoutent les Stooges et le MC5 en boucle (même si ils doivent partager des conseils de matos vintage avec les Sights et les Mood Elevators). Cette fascination rétro pourrait sembler très louche et très vaine mais finalement quelques excellents moments ("No more places") et l'interprétation vitaminée ("He can go, you can't stay") font passer la pilule sans amertume, avec juste un petit arrière-goût de nostalgie pour cette douce époque. Et puis les Singles oeuvrent avec tant d'enthousiasme et d'absence de second degré que cela en est véritablement touchant. Recommandé si vous écoutez encore les Flaming groovies.

THE JESSICA FLETCHERS - What happened to the ?THE JESSICA FLETCHERS - What happened to the ?

Ceux là viennent de Norvège et leur joie de vivre et de jouer est contagieux. On imagine bien le Mike Myers d'Austin Powers danser comme un damné sur la demi-douzaine de tubes irrésistibles de l'album. Orgues farfisa, trompettes, sitar, tempos enlevés : tout est là pour évoquer la rencontre improbable entre le Swinging London et la Californie des garages (The Move jamme avec les Seeds, Music Explosion va en vacances chez les Small Faces). Certes, les Jessica Fletchers doivent presque tout à la ré-édition des coffrets Nuggets. Mais on leur pardonne volontiers ces emprunts voyants car leur garage-pop colorée et pétaradante, qui ne se prend pas au sérieux ("Just another fashion band") est tout simplement parfaite. Un des morceaux s'intitule "You can have Japan" : c'est tout le mal qu'on leur souhaite. Groovy, baby.

THE LOVETHUGS - Playground instructorsTHE LOVETHUGS - Playground Instructors

Non ce ne sont pas les Thugs reformés pour faire des reprises de Love. Ces compatriotres des Jessica Fletchers sont les moins convaincants des quatre groupes chroniqués ici. Plus psychédéliques et acides que leurs voisins de label qu'ils soient, cette différenciation ne joue pas vraiment en leur faveur. Malgré des morceaux plutôt réussis quand ils sont directs ("A little bit of Something", "Bringing it down") les Lovethugs manquent de ce qui fait la force de leurs collègues : concision, sens mélodique et simplicité. Ainsi "Where's the Season" et "Welcome to my Castle" s'empêtrent dans des digressions guitaristiques dommageables ou sont simplement inconsistants. Et puis l'intro de "Nice out There" rappelle trop celle de "Ghostbusters".

MYRACLE BRAH - TreblemakerMYRACLE BRAH - Treblemaker

Les vétérans de chez Rainbow Quartz, Andy Bopp, chef des Myracle Brah, ayant un passé chargé d'activiste power-pop des deux côtés de la scène (avec son précédent groupe, Love nut - et comme actif organisateur de concerts). "Treblemaker" est le seul des disques de cette chronique pouvant être véritablement qualifié de power-pop. Power : un son qui dépote et pourrait en remontrer aux petits jeunes, une fascination pour les Who et Cheap trick. Pop : une voix et un talent mélodique en descendance directe de l'axe Beatles/Badfinger/Raspberries. Plus agressif que ses prédecesseurs, "Treblemaker" réconcilie néammoins énergie et composition, soit en les alternant (les puissants "This is where we Belong", "Think about you", les poppy "Hole in my Head", "The Most Important Thing") soit en les combinant (ce qui donne les titres les plus réussis "Headless Headless" et surtout "Modern World", le meilleur morceau de Guided by voices non écrit par les Guided by Voices). Recommandé si votre album préféré de Big Star est le premier.

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