Albums - The American Song-Poem Anthology, Califone, Josh Ritter

12/05/2004, par Jean-Christophe Mauger | Albums en bref |
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ALBUMS par JC

THE AMERICAN SONG-POEM ANTHOLOGY - Do you know the difference between big wood and brush?THE AMERICAN SONG-POEM ANTHOLOGY - Do you know the difference between big wood and brush?
(Setanta/PIAS)

Dans les années 60, des gens comme vous ou moi adressaient leurs textes et plusieurs dizaines de dollars à des maisons de disques fantômes qui se chargeaient de les mettre en musique et de presser à quelques exemplaires des singles qui finissaient immanquablement dans les bacs à soldes. Gigantesque arnaque ou expression d'une culture musicale vernaculaire, la question n'est pas tranchée mais toujours est-il que Setanta a regroupé une trentaine de ces song-poems sous un emballage qui fleure bon l'Amérique confiante et un peu tarte des 50's. Musicalement, c'est du Tin Pan Alley de balloche mais les paroles (et les titres !) sont suffisamment drôles pour arracher un sourire, à condition évidemment de maîtriser un peu l'anglais, d'oublier toute notion de political correctness et de disposer, malgré tout, de soixante-quinze minutes à perdre.

CALIFONE - Heron King BluesCALIFONE - Heron King Blues
(Thrill Jockey/Discograph)

On a beau chercher, on ne voit pas trop que cette nouvelle livraison va apporter à la postérité des auteurs de l'immortel "Quicksand/Cradlesnakes" paru l'année dernière. Tim Rutili et sa bande sont prolixes, d'accord, mais ils ont surtout l'air fatigués. Passé une ballade beatlesienne à croquer ("Wingbone"), ce nouvel album se vautre dans des travers déjà palpables précédemment, mais qu'un zeste de rigueur parvenait à réfréner : tendance à la complaisance, voire à l'autocitation, incapacité à finir un morceau, idées de chansons rares et gentiment délayées. Leur country spatiale peut être fascinante quand elle se met au service de l'écriture, elle devient lassante lorsque plus rien ne la justifie et qu'elle tourne à vide sur une orbite erratique. Dommage, on était prêt à y croire.

JOSH RITTER - The Golden Age of RadioJOSH RITTER - The Golden Age of Radio
(Setanta/PIAS)

Difficile de dire du mal d'un garçon qui a visiblement écouté les même disques que l'auteur de ces lignes et présente l'avantage sur les glorieux anciens qu'il cite (Townes Van Zandt par exemple est une référence omniprésente) d'être encore en vie. En même temps, on a envie de lui dire que son auditoire n'est pas uniquement composé d'amnésiques incapables de reconnaître dans "Harrisburg" (très chouette chanson) un décalque complet de la mélodie de "South coast of Texas" de Guy Clark (remarquable chanson) et qu'en cherchant bien, on en trouverait sûrement d'autres. Certes, le folk est un genre limité dans les possibilités de démarquage et Josh Ritter est encore raisonnablement jeune pour espérer qu'il soit en mesure de nous donner autre chose de plus original dans l'avenir. Pour le moment, son apprentissage musical est encore trop inachevé pour lui décoller l'étiquette d'espoir doué, mais encore inconstant et insuffisamment dégrossi.

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