Albums - The Reindeer Section, Langley Schools Music Project, Looper

24/07/2002, par Stéphane Buron | Albums en bref |
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ALBUMS - par Stéphane

THE REINDEER SECTION - Son of Evil ReindeerTHE REINDEER SECTION - Son of Evil Reindeer
(Bright Star Recordings / PIAS) - [site]

Il se passe de drôles de choses en Ecosse. Tous les musiciens indie du coin semblent se connaître, boire la même bière, partager le même goût d'une pop policée et le même attrait pour des projets un peu bâtards comme celui-ci. The Reindeer Section, ce n'est pas franchement un groupe, plutôt un collectif (c'est cool, ça, un collectif, bien plus fashion que les traditionnels "groupes") qui peut recourir ponctuellement aux compétences de musiciens comme Eugene Kelly des Vaselines, Norman Blake de Teenage Fanclub, John Cummings de Mogwai ou Aidan Moffat d'Arab Strap, autour d'un noyau dur composé principalement de Gary Lightbody. Ce monsieur, au cas où ça vous aurait échappé, a commis plusieurs albums avec ses compères de Snow Patrol, un groupe qui se distingue surtout par ses compositions les plus lentes et mélodiques (les autres font un peu trop rock bourrin à mon goût). Ici, avec sa section à géométrie variable souvent agrémentée de cordes et de cuivres qui ont le bon goût de se faire légères et discrètes, il prouve une fois de plus qu'il peut être un compositeur de très bonne tenue. Mieux que ça encore : sur ce disque, vous trouverez des bijoux de pop mélancolique et automnale, avec des bourrasques et des averses, des étés indiens et des frissons. Et la cerise sur le gateau : la merveille "Whodunnit?" chantée par un Aidan Moffat décidément abonné aux collaborations lumineuses après laudanum.


LANGLEY SCHOOLS MUSICAL PROJECT - Innocence & Despair LANGLEY SCHOOLS MUSIC PROJECT - Innocence & Despair
(Basta Records / Import)

Monsieur Jeanjean, vous étiez mon prof de musique en 6ème et vous aviez un méchant cheveu sur la langue. Comme plusieurs dizaines de millions de petits français, j'ai appris grâce à vous à meurtrir les oreilles de toute la famille avec ma flûte à bec. En outre, si vous aviez fait l'effort de réactualiser régulièrement vos cours, ce n'est pas Trénet et sa "Nationale 7" que vous auriez demandé à la classe de 6ème 2 de chanter, mais "Space Oddity". Et aujourd'hui, je pourrais moi aussi ressortir mes vieux enregistrements, ceux que je retrouverais, avec un peu de chance, dans les greniers de la maison familiale… comme les enfants de cette obscure école canadienne qui ont eu la chance, eux, de chanter dans les années 70 les tubes interplanétaires de Bowie, des Beach Boys ou de John Lennon… Le "musical project" des écoles de Langley ne doit pas vous impressionner, Monsieur Jeanjean : à voir, c'était sans doute aussi charmant et ridicule que la fête de fin d'année que vous aviez organisée… vous savez, celle où mon frère chantait "non, non, je ne veux pas faire la guerre" déguisé en vahiné (et néanmoins fort inspiré). Sur le disque canadien, il y a des fausses notes (beaucoup), de l'émotion (parce que c'est toujours émouvant, un enfant qui chante) et de grandes chansons. Comme les enregistrements des fêtes de fin d'année, on l'écoute deux fois : une par curiosité, une pour rigoler en écoutant les mômes massacrer les standards. Et on finit par se dire que, si c'est charmant, ça donne surtout envie de remettre un bon vieux Bowie sur la platine (bizarre, je n'ai jamais eu envie de réécouter "Nationale 7").


LOOPER - The SnareLOOPER - The Snare
(Mute / Labels)

J'aime pas chroniquer les disques que j'aime pas. Mais j'aime Looper, groupe qui, à ses débuts, se résumait à Stuart David (un des seuls Ecossais qui ne participe pas au collectif The Reindeer Section) et à sa femme. Ils bidouillaient dans le multimédia ensemble, dans la musique, dans le dessin, et il avait publié un livre qui reste hautement recommandable : "Nalda Said". Ils avaient sorti un premier single chez Subpop, "Impossible Things", génie d'inventivité électropop bricolée. Ils avaient joué live à quelques festivals, et il se dégageait de leurs performances juste ce qu'il faut d'originalité, de fraîcheur, et d'expérimentation. Ils avaient inventé une twee-electro, ni trop twee ni trop élec. Mais de l'eau a coulé sous les ponts, et ce n'est pas la plus pure. Aujourd'hui, sur ce disque, le troisième (après un premier album moins inspiré que le single et un deuxième album moins inspiré que le premier), il n'y a… ben, pas grand chose à récupérer, en fait. Comme on sait que Looper a des ressources et du talent, on va se contenter de fermer les yeux et les oreilles, en attendant la suite. A moins que je n'aie rien compris…

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