Albums - Black Rebel Motorcycle Club, the White Stripes

13/02/2002, par | Albums en bref |
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ALBUMS - par Hugues

Après le cas Strokes qui, en dépit des apparences du classement 2001, a divisé la rédaction de POPnews, passons en revue deux autres cas classés "rock", souvent dans le même panier à provisions de l'amateur moyen du genre…

THE WHITE STRIPES - White Blood CellsTHE WHITE STRIPES - White Blood Cells
(XL Recordings / Delabel / Virgin France)

Ce duo de Détroit a une longueur d'avance sur ses "concurrents" du moment : il en est à son 3ème album en trois ans…donc d'une productivité susceptible de créer une White Stripes mania. Il le mériterait, en tout cas. Jack et Meg White entretiennent un univers noisy qu'apprécieront ( et apprécient sûrement déjà ) les fans du Jon Spencer Blues Explosion ou de Make-Up. Il s'agit là d'une esthétique rock, d'un goût pour tout ce qui est brut et déglingué, aussi bien qu'inventif et, dans la mesure du possible, relativement audible. Ce rock-là ne s'écoute qu'à certains moments, car il peut s'avérer assommant ou lassant, tout comme les références sus-mentionnées, mais il a incontestablement plus de classe que d'autres "événements" plus fabriqués ( les Strokes ou B.R.M.C. ), et inspire bien plus de sympathie. Dans le genre "cool", les White Stripes s'imposent comme la formation la plus attachante de ces dernières années. Et puis leurs pochettes sont chouettes, avec déjà leur petite griffe perso.
Ce 3ème album est, de l'avis des amateurs, leur plus fin et leur plus varié, avec de petites réussites instantanées telles que "We're Going To Be Friends" ou "Hotel Yorba". Mais il est inutile de chercher le chef-d'œuvre ou la chanson qui tue, car là n'est pas le propos : avec les White Stripes, on écoute un univers, pour ne pas dire un état d'esprit.


B.R.M.C. - Black Rebel Motorcycle ClubB.R.M.C. - Black Rebel Motorcycle Club
(Virgin Records America)

Ce trio californien (dont le batteur est anglais) a certes une apparente classe : une image, un nom, un son… mais ne fait hélas pas illusion longtemps lorsqu'on fréquente le disque. Evidemment, si vous aimez les Dandy Warhols ou Oasis, ce groupe est pour vous : lourdingue et sans génie. Pourtant le disque démarre bien, avec coup sur coup trois titres potables, notamment "Red Eyes And Tears" et ses entrelacs de guitares. Mais la suite est bien moins excitante, tout en langueur vaguement cafardeuse, une lancinance qui se veut probablement obsédante, alors qu'elle est tout simplement moche et chiante. Le chanteur Peter Hayes chante un peu comme Richard Ashcroft, auquel il ressemble d''ailleurs étrangement (de même qu'à Syd Barrett, mais c'est faire à Hayes trop d'honneur). Quand on lit les références de certains chroniqueurs ici et là, genre "enfin le grand retour du rock qu'on attendait depuis The Jesus And Mary Chain", il y a de quoi se poser des questions sur leurs compétences. Car enfin, les frères Reid avaient une autre classe, avec leurs larsens impeccables, tour à tour doux et tranchants, et surtout des mélodies limpides et imparables. Je reste sidéré qu'on ait ces dernières années mis des Oasis dans la lignée des Beatles, des Dandy Warhols dans la lignée du Velvet et aujourd'hui B.R.M.C. dans celle de The Jesus And Mary Chain ! Enfin bref, passons.

On peut toujours m'objecter, quant à la qualité de ce disque, qu'il correspond aussi à un univers et un état d'esprit, comme je le disais ci-dessus pour les White Stripes. Mais l'esthétique sonore n'est pas la même, et c'est précisément là que s'opère mon jugement.

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