Albums - Avia Gardner, Milenasong

09/03/2007, par Christophe Dufeu | Albums en bref |
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Comme en astronomie, ce sont parfois deux disques qui se retrouvent dans la ligne de mire de votre objectif : ainsi, les Américains d'Avia Gardner et l'Européenne Milenasong se sont donné rendez-vous aux marges de la galaxie folk, là où des astéroïdes de tout poil viennent brouiller les lignes claires du genre. Le télescope de POPnews scrute le ciel :

AVIA GARDNER - Mill Farm
(intr-version) - [site]

Avia Gardner est le projet de la chanteuse Jenna Robertson et de Mitchell Akiyama, bien connu sur la scène électronique montréalaise. Ce duo nous offre une série de comptines truffées de trouvailles sonores (synthés qui alternent loopings et vrilles, accompagnement à la machine à écrire, etc.) et crée un univers clos, un cocon dans lequel l'auditeur, au début un peu intrigué, finit par se sentir à l'aise. Un cocon bien rempli qui plus est et dont chaque écoute révèle de nouvelles facettes. Les mélodies sont douces et répétitives ; la voix de Jenna Robertson se fait lascive ou enfantine pour chanter des textes teintés de surréalisme ; les arrangements laissent une large part à l'expérimentation : Akiyama, issu du classique et du jazz et se réclamant notamment de Steve Reich, croise le folk, l'electro et la pop avec la musique contemporaine (on pourra aussi penser à un Lali Puna plus touffu, moins minimaliste). En tous cas, "Mill Farm" est un nid fort singulier, que ses deux occupants construisent brindille après brindille, nous révélant qu'un disque peut-être confortable et douillet sans pour autant chausser des charentaises.


MILENASONG - Seven Sisters
(Monika Enterprise / La Baleine) - [site] - acheter ce disque

A peine moins expérimental, Milenasong nous offre un folk parsemé d'arpèges de banjo, de nappes de synthés, de bruits divers et variés. Et puis, au milieu de cet univers plutôt homogène, la voix caméléon de Sabrina Milena se fait tour à tour douce, plaintive ou plus décidée, se dédouble assez souvent, tremble d'émotion, vient nous visiter comme un spectre traversant les enceintes de la chaîne hi-fi. Entre Berlin et Oslo, la jeune femme - qui est également illustratrice - revendique cela, ainsi que le côté pictural de sa musique : "Je considère le travail par couches, la production, les arrangements et contrastes, comme un défi. La voix reste mon principal instrument." Au final, "Seven Sisters" est un disque plutôt attachant, évoquant aussi bien le travail sur le son de Sparklehorse ou Portishead que la musique des pays de l'Est, le folk torturé de Cat Power ou celui, limpide, de la française Milkymee (qui, elle aussi, est installée dans un pays scandinave) ou encore les dérives sonores de groupes comme Sigur Rós. Un disque exigeant et aérien - un univers clos, également, mais dont les fenêtres semblent ouvertes à 360°.

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