Albums - Califone, Nicholson

09/02/2007, par Vinnie Terranova | Albums en bref |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

ALBUMS par Vincent Suberville

califone - roots and crownsCALIFONE - Roots and Crowns
(Thrill Jockey / Pias) [site] - acheter ce disque

On avait laissé Califone sur un sentiment d'échec. On les retrouve deux ans après en espérant sentir à nouveau la grâce d'un Quicksand/Rattlesnakes somptueux. De prime abord, ce nouvel opus laisse perplexe. Morceaux rugueux, country folk expérimental, blues folk psychédélique : la tendance naturelle du critique à vouloir catégoriser ce qu'il écoute se trouve, comme souvent avec Califone, mise en échec. C'est bien à un objet sonore non identifié qu'on a affaire ici.
Album percussif et expérimental, son écoute est exigeante et la beauté de ses chansons obscures se révèle après de longues écoutes.
On est troublé par la texture des morceaux : percussions râpeuses, guitares squeletiques, violons grinçants ; tout ici semble évoquer une maison hantée. Par qui ? Les fantômes de deux ou trois bluesmen du delta enterrés à la cave ; un ectoplasme de Tom Waits s'aventure parfois dans les étages.
Au grenier, illuminant les ténèbres, la voix de Tim Rutili.
Cet album, s'il n'atteint pas les sommets de Quicksand/Rattlesnakes, nous permet donc de retrouver un Califone en meilleure forme.

nicholson - moderneNICHOLSON - Moderne
(Les Chroniques Sonores) [site]

Nicolas Danglade est un homme très occupé. Non content de diriger le label "Les Chroniques sonores" qui nous a donné à écouter en 2006 les excellents Kid Francescoli, il mène en parallèle, et en duo, son projet musical, le susnommé Nicholson.
La filiation avec une certaine chanson française de qualité est revendiquée : textes caustiques (Dutronc) posés sur un groove subtil (Gainsbourg). Vêtues de leur tenue électro-légère, plus susurrées que chantées, les chansons de Nicholson font souvent mouche. Le groupe nous gratifie ainsi de deux mini-tubes pince-sans-rire et sexy : "Animaux", "L'Homme à la tête d'ail". On respire ici les effluves d'une pop classieuse, millésimée sixties, où la part belle est laissée à l'harmonie.
En concert, Nicholson évolue en quatuor (guitare, basse, batterie, chant) : on y redécouvre alors ces chansons dans leur vérité crue. Elles s'y révèlent, telles de petites bombes, et toute leur colère contenue explose alors. La grande force de Nicholson repose dans cette contradiction : sous la légèreté de la forme et l'évidence des textes, la profondeur du propos n'est jamais loin. Ce n'est pas si commun.

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals
»» toutes les interviews