Albums - H-Trance, Scritti Politti

18/08/2006, par | Albums en bref |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

ALBUMS par Vincent Le Doeuff

H-TRANCE- Musique pour chien
(Facto Records) - acheter ce disque

Les Stéphanois de H-Trance (auparavant Hanna Trance), petits cousins de Calc, ont visiblement les mêmes influences que leurs homologues bordelais. Loïc D. et ses comparses jouent un lo-fi très cheap, avec une boîte à rythmes pinbackienne et des claviers grandaddyesques. "Musique pour chien", (Mr D. aime bien rire et trouver des dénominations suicidaires : son ancien groupe s'appelait Caca...) est tendre et mélancolique, calqué impeccablement sur les constructions musicales de Palace et consorts. Ce n'est pas toujours aussi bien senti que chez les Américains mais le résultat est assez touchant ("Lemuria"). La première moitié de l'album fait penser beaucoup au "Great Fun" des Bordelais. La deuxième moitié est moins directe, plus expérimentale mais toujours aussi neurasthénique : alors que les claviers accompagnaient les compositions, ils sont plus mis en avant et sont le moteur de morceaux plus longs et amples ("Deep").
Cette deuxième production est bien plus aboutie que le split album réalisé avec Deschannel que ces complices nous avait proposé en 2004. "Musique pour chien" parvient avec une simplicité appréciable à nous rendre le combo forézien sympathique et attachant.

SCRITTI POLITTI- White Bread Black Beer
(Rough Trade / Pias) - [site] - acheter ce disque

Derrière le pseudonyme étrange de Scritti Politti se cache Green Gartside, un vétéran songwriter talentueux qui depuis le début des années 80 a toujours eu comme motivation de faire innover la pop musique. Après un passage à vide suite au succès de "Cupid & Psyche'85" en 1985, le Gallois s'est remis au boulot en produisant un nouvel album en 1999, et voici donc son premier pour ce siècle-ci.
Tout d'abord, pour l'amateur d'indie pop que je suis, le premier morceau est un peu dur à encaisser. "The Boom Boom Bap" (déjà, le titre ne donne pas super envie) est un morceau vaguement electro, vaguement soul et donc nettement saoulant. Une entrée en matière rebutante mais le plaisir n'est que plus grand quand on a la patience d'écouter la suite. Scritti Politti se lance alors dans une pop classique à la Zombies, où parfois quelques idées modernes le ramènent vers les bonnes vieilles ritournelles de Martin Carr. Gartside est comme le Liverpuldien, un aventurier de la pop et arrive parfois à de bonnes petites trouvailles : par exemple "After Six" avec son piano douloureux et son mignon refrain antéchrist: "Jesus Keep Your Love Away from Me", et puis aussi "E Eleventh Nuts" qui ressemble à du Jude version jungle, c'est assez bizarre mais le résultat est concluant.
Au final, Scritti Politti étonne et déçoit comme sur la fin de cet album où le Gallois enchaîne un rigolo "Mrs Hugues", aux claviers facétieux (dignes de ceux de Mark Ramos Nishita) avant de sombrer dans un usé "Robin Hood" avec des riffs de guitare à la Ben Harper (brrr).

 

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals