2011 : le bilan

18/01/2012, par , , Benoit Crevits, , David Dufeu, Guillaume Sautereau et Luc Taramini | Bilans annuels |
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Les disparus de 2011

Ils nous ont quitté cette année après des carrières marquantes, mais forcément trop courtes. POPnews leur rend un dernier hommage ici, avant de reprendre la plume en 2012 pour parler des jeunes gens que ces disparus inspirèrent. 

Bert Jansch (1943 – 2011)
La vie de Bert Jansch pourrait ressembler à l’itinéraire d’un enfant gâté par les rencontres et doué pour la guitare. Au début des années 60, le folk anglais se renouvelle sous l’impulsion de musiciens comme Davy Graham. Le folk, le blues et le jazz font bon ménage et dessinent de nouvelles lignes d’horizon qui mènent jusqu'au creuset londonien. Bohème et fumeur de marijuana, Bert Jansch descend de ses Highlands pour s’établir dans la capitale britannique. Il se fait rapidement un nom dans les clubs de l’époque, grave quelques galettes séminales que des générations de guitaristes prendront pour le Graal. Surtout, il rencontre son alter ego, le guitariste John Renbourn. Ensemble, les deux bretteurs de la six-cordes feront des étincelles. D’abord en duo ("Jack Orion", "Bert and John") puis au sein de Pentangle, super formation de folk progressif emmenée par la chanteuse Jacqui McShee. En 1973, tout était déjà dit pour Bert Jansch. Il vivote à l’ombre de sa légende, bien tranquillement installé sur son piédestal. Dans les années 90, une nouvelle génération de musiciens vient tirer le vétéran de sa semi-retraite. Hope Sandoval, Johnny Marr, Bernard Butler, Beth Orton, Devendra Banhart, excusez du peu, le remettent en scelle pour quelques disques. "Black Swan", paru en 2006, fut le testament de Bert Jansch, sauf qu’on ne le savait pas encore. (LT)

Gil Scott-Heron (1949-2011)
En 2011 le vautour s’en est définitivement allé, laissant planer une ombre lourde sur sa descendance. Gil Scott-Heron était un électron libre et la figure tutélaire des rappeurs noirs américains, même s’il était très critique envers une certaine tendance du hip hop glorifiant la violence et la réussite matérielle. Auteur d’un roman à l’âge de 21 ans (The Vulture), slammeur de la première heure, chanteur et pianiste instinctif, il mariait le spoken word, le funk, la soul naturellement. Doté d’une conscience politique aiguisée, il aurait pu devenir un porte étendard, il ne fut qu’une voix solitaire dénonçant la condition des Noirs et la politique conservatrice. Rattrapé par ses démons, Gil Scott-Heron s’est dissout peu à peu dans la dope et les problèmes minables après avoir gravé quelques disques marquants dans les années 70 ("Pieces of a Man", "Free Will", "Winter in America"). Sa descente aux enfers était ponctuellement freinée par des apparitions inégales et des harangues plus ou moins inspirées. Il faudra attendre "I’m New Here", grand petit disque crépusculaire, pour qu’advienne une forme d'apaisement. L’homme malade y parle déjà d’outre tombe, son timbre chaud et profond raisonnant en nous comme une corde vibrante. Il nous manquera. (LT)

Clarence Clemons  (1942 - 2011)
Il était imposant, une force de la nature, mais Clarence Clemons, le big man de son fidèle ami Bruce Springsteen s'est éteint le 18 juin. Lui qui se destinait à une carrière de footballeur américain voit son rêve brisé en même temps que son genou vole en éclat. Il est des accidents plus malheureux. Il décide de se consacrer au saxophone, et intègre le E Street Band en octobre 1972, et ne l'a plus jamais quitté. Dans le coeur des fans, c'était lui le membre le plus apprécié du groupe, et il fut l'auteur de parties de saxo exceptionnelles, comme son immense solo à la fin de "Jungleland" (sur "Born to Run"). Mais plus qu'un musicien de talent, c'était le gardien de l'âme du E Street Band, le "Minister of Soul, secretary of the brotherhood". Il était diminué physiquement depuis quelques années, mais c'était toujours un vrai bonheur de voir ce grand homme et son sourire éclairer la scène quand il rentrait sous les applaudissements. Les hommages n'ont pas manqué à sa mort, et nul doute que les prochains concerts du Boss seront chargés d'émotion, quand on réalisera, pour de bon, que notre Big Man ne sera plus là. (MC)
 
Amy Winehouse (1983-2011)
Bien sûr, on vous a déjà rebattu mille fois les oreilles avec la mort d'Amy Winehouse depuis cet été. Pour autant, on serait tout de même bien rustres de ne pas mentionner la Londonienne parmi les morts regrettables de l'année écoulée. Après une carrière en étoile filante (trois albums dont un posthume), la jeune femme s'éteint donc, victime des excès qui ont fait les choux gras des tabloïds internationaux ces dernières années. Sa musique seule, soul populaire au succès qui n'était pas immérité, trop souvent éclipsée par le personnage médiatique, avait pourtant certainement de quoi tenir la longueur, bien au-delà de l'âge (fatidique, bien entendu) auquel sa carrière a pris fin. Le sevrage s'annonce difficile pour les millions de fans en manque de leur meilleure Amy. (jcd)

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