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SAMIR
BARRIS
Premier album du Bruxellois Samir Barris (ex-Melon Galia
et Bright Eyes), "Quel effet ?" a récolté
un joli petit succès en Belgique, grâce notamment
à l'excellent single "Le Fossé".
En attendant que la France succombe à son tour à
cette pop fraîche et futée,
Samir revient pour nous sur les douze chansons de son disque.

Le Fossé
Je me souviens que l'idée de cette chanson m'est
venue en repensant à une interview de Shady Torbey,
peu après ses prouesses au concours musical Reine
Elisabeth. On lui posait une question sur le stress que
comporte une compétition de ce type (la plus prestigieuse
pour la musique classique en Belgique) et comment il l'avait
géré. Il avait expliqué qu'il était
un peu comme un coureur cycliste au Tour de France qui fait
la course tout en profitant du paysage. Et ça, regarder
et profiter du paysage, lui avait permis de surmonter la
difficulté du parcours. Dans "Le Fossé",
j'ai poussé le truc plus loin pour finalement chanter
la joie de l'abandon – pas tant que j'aime perdre,
mais j'aime évacuer l'idée d'enjeu. Et me
focaliser sur le plaisir qu'il y a à être là,
faire ce qu'on fait, comme on l'entend.
Mon vieux copain Pierre Chevalier fait un très chouette
clavier sur le début du morceau. Je me souviens que
la porte de sa "pièce musique" était
bloquée le soir où je suis passé chez
lui pour qu'on enregistre ça… Il l'a défoncée
d'un coup de pied, j'éclate de rire chaque fois que
j'y repense.
Quel effet ?
En gros, je voulais évacuer pas mal de sentiments
négatifs autour de la fin de mon précédent
groupe, Melon Galia. De fil en aiguille, j'ai essayé
d'élargir ça aux thématiques de la
rupture, du ressentiment et du doute. Du coup, le lien avec
Melon Galia n'est plus si évident mais reste très
perceptible pour les autres membres du groupe… qui
m'ont tous fait leur feedback spontanément.
Je me suis pas mal amusé sur la compo et les arrangements.
Il y a des modulations harmoniques inattendues et j'étais
vraiment content des chœurs que j'ai improvisés
pendant l'enregistrement. Dans le passage instrumental du
milieu, on entend une ambiance bar, plein de gens qui causent…
En fait, c'est ma propre voix une dizaine de fois qui délire
sur de vieux griefs que j'avais vis-à-vis du groupe.
J'ai interdit à Gilles Martin (qui mixait le disque)
d'écouter piste par piste, c'était vraiment
trop ridicule.
Fruit mûr
C'est une chanson de mon ami Miguel Rwubusisi. Le truc marrant,
c'est que c'est la préférée de pas
mal de gens (surtout des filles), ce qui est troublant puisqu'elle
n'est pas de moi.
Mon vœu
Après un des mes premiers concerts, une dame était
venue m'engueuler : j'étais un mou, il fallait arrêter
avec l'ambiance feu de camp, j'avais passé l'âge.
Elle avait probablement un peu raison, c'était le
début, je posais ma voix d'une manière pas
très assumée, etc. Mais le fait est que je
n'ai rien osé lui répondre, j'ai été
très poli comme toujours (l'évitement de conflit,
ça reste un de mes traits de caractère dominants,
je n'en suis pas toujours fier). Mais je suis rentré
chez moi avec la frustration de ne pas m'être au moins
défendu. Et j'ai écrit "Mon vœu".
Musicalement, elle est assez accrocheuse mais voilà,
c'est une chanson dont le refrain est instrumental, ce qui
la disqualifie comme potentiel single radio.
Invitation
... au voyage, à l'amour et à la musique.
Miguel Rwubusisi (cf . "Fruit mûr") m'a
fait remarquer un jour que l'harmonie évoquait vachement
un morceau des années 80, "Stop the Cavalry"
de Jona Lewie. Là, j'ai complètement flashé
: en fait, c'est le premier 45t que j'aie demandé
à mes parents de m'acheter, j'avais 4 ans, je l'écoutais
à longueur de journée. Et je ne m'étais
pas du tout rendu compte, en écrivant "Invitation",
que je calquais cet "amour de jeunesse".

Mon agenda
Une des premières que j'ai écrites, de facture
assez classique. C'était vraiment plus une chanson
exercice (mais quand même partie d'un agacement réel
et un peu désespéré), je me faisais
la main en quelque sorte et comme l'exercice était
plutôt réussi, je l'ai gardée.
[suite]
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