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JULIEN RIBOT - La Métamorphose de Caspar Dix
(Ici d'Ailleurs / Discograph)
Ce qui est bien chez Julien Ribot c'est qu'il se contrefout du bon goût, une attitude assez rafraîchissante dans une scène indé française parfois un peu trop sérieuse et renfermée. Sur son deuxième album le jeune musicien mêle ainsi morceaux discos, pop orchestrée, électro-rock, concept-album, tubes ampoulés et piano-voix. Peu importe si certains trouveront ce melting-pot musical un peu indigeste, puisque Julien Ribot atteint au final sa cible et signe une oeuvre particulièrement ambitieuse et ludique. Ca passe ou ça casse.
A tout les grincheux, Julien Ribot assène une "Fille n°70", tube disco-rock où Julien Ribot et une charmante chanteuse à l'accent british se répondent en talk-over. C'est un peu du déjà-entendu (Gainsbourg n'est pas loin) mais cet été on se verrait plus danser sur cette chanson que sur les clones brésiliens responsables de la "Choopeta".
Julien Ribot livre donc une pop irrévérencieuse qui peut évoquer l'esprit de certaines productions françaises des années 60 ou 70. Celles des doux-dingues, des Gainsbourg, Dutronc ou Polnareff par exemple. Il y ose les intonations "Glam", n'hésite pas à minauder, à se complaire dans un certain romantisme exacerbé ou dans les ornements baroques. Le tout est bien entendu saupoudré d'une pincée de second degré.
Plus étonnant, la production du disque est à la hauteur de son ambition. "Les Métamorphose de Caspar Dix" est un album qui sonne incroyablement bien et revêt même une certaine virtuosité.
Bien sûr Julien Ribot perd parfois en émotion ce qu'il gagne en audace. Mais un morceau comme "Mort de Luna", une ballade en crescendo, trouve un bel équilibre malgré le joyeux bordel qui constitue l'univers du compositeur.
N'en déplaise à la frange radicale du rock indépendant, Julien Ribot a de beaux jours devant lui.
monsieur Morel
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