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OLIVIER
BRION
De Dorian Gray aux fabuleux Yachines en passant par
Discover, Olivier Brion
est une cheville ouvrière discrète d'une certaine
idée de la pop ensoleillée à ranger
aux côtés de Fugu, Louis Philippe ou des High
Llamas. Après ses efforts en pseudo groupes (lire
les chroniques de High Life
et de California Songs),
c'est en solo (et en français s'il vous plaît)
qu'il repart à l'aventure. Voici une visite guidée
de l'univers si précieux et si particulier de son
nouvel Album "Hôtel d'Angleterre".

Electrophone
Mon éditeur voulait qu'on ouvre l'album par ce morceau.
J'ai commencé à l'écrire, il y a plusieurs
années, juste avant que je n'embarque pour le projet
DISCOVER. Naturellement, lorsque j'ai décidé
de ce premier opus solo, sous mon nom, et entièrement
en français, j'ai décidé de la reprendre,
de l'arranger et finalement elle sera la ligne directrice
de l'album. Nous avons essayé de soigner les arrangements.
Il y a dans cette chanson les éléments de
la production que l'on retrouve tout au long de l'album.
Les cordes, les pianos, les guitares acoustiques, la batterie
un peu mate...
Love 68/08 :
Il existe une autre version de ce titre dans l'album "California
songs" de Discover. J'avais envie d'y revenir avec
une version plus "groovy". On a mis des cordes,
un zeste de wah-wah, une rythmique plus "sautillante",
des choeurs féminins sur le refrain, une suite d'accord
différente.
J'aime bien l'idée qu'un titre ne soit pas immuable.
Et puis c'est ma façon à moi de rendre hommage
aux 40 ans de 68, surtout que ce symbole a été
attaqué en règle pendant la campagne !
J'ai pensé à ce nouvel arrangement en sortant
du film "Zodiac...", sur les traces de l'inspecteur
Toschi ...
Les Jours parfaits
C'est un des derniers titres enregistrés pour l'album.
Je me souviens avoir écrit le texte alors que je
vivais une relation un peu "compliquée".
Alors que le titre était terminé, le morceau
étant en ré, j'ai ajouté cet arpège
ouvert que j'avais utilisé dans le "Lonely Night"
de Dorian Gray. Comme ça collait, je l'ai gardé
et j'ai même inclus l'espace de 4 mesures le gimmick
"très New Order" qui existait également
dans le sus mentionné "Lonely Night". Un
petit clin d'œil à mes jeunes années
!
Hôtel
d'Angleterre
La chanson qui donne le titre à l'album. J'ai trouvé
la version définitive de cette chanson l'avant-veille
du mastering. J'ai quatre versions différentes enregistrées
! J'avais besoin d'un mélange de douceur et de tension
relative au texte. C'est ma chanson préférée
sur l'album, le texte est autobiographique, et puis Londres
est un personnage exotique, si proche et si loin de Paris.
Le Monde à l'envers
2'40 : à fredonner dans sa voiture ou dans sa salle
de bains. La plus joyeuse de l'album, la plus "Beatlesienne"
peut être.
Un Hiver à Madrid
Déjà je tiens à dire que je suis plus
"Barçà" que "Real" !
Plus sérieusement, on imagine mal que l'hiver puisse
exister en Espagne, et pourtant... Combien de jours jusqu'à
avril...
J'aime bien la petite trompette "bacharachienne"
sur le refrain, j'avais écrit cette chanson pour
en faire cadeau à quelqu'un qui m'était cher,
les bossa nova sont très bien faites pour cela, "saudade".
On se souvient
Ma deuxième chanson préférée
de l'album. J'aime la production de ce titre : le son de
la batterie, et l'arrangement de corde est très joli.
Il y a deux guitares acoustiques, "panées"
en stéréo, qui jouent deux arpèges
différents un peu dans l'idée des productions
70's. Le texte est un mélange d'autobiographie et
de fiction. Un personnage double, qui aurait connu l'âge
d'or, un droit à la nostalgie aussi. Il y a une phrase,
dans une publicité récente, que je déteste
qui commence par "le passé ne m'intéresse
pas". Moi j'aime les souvenirs même ceux que
l'on s'imagine, ils n'empêchent pas d'avancer. J'avais
été très marqué par le "Je
me souviens" de Georges Perec que j'avais vu interprété
au théâtre par le charismatique Samy Frey.
De toute façon aussi loin que je puisse remonter
j'ai toujours été nostalgique, c'est étrange
lorsque je vois certains films de Capra, d'Hitchcock, de
Truffaut, de Melville, de Visconti j'ai l'impression que
c'est le futur.
Drugstore
La chanson la plus tendue de l'album. Une sorte d'"Electrophone"
plus rock.
Quel joli mot anglais... Comment le traduire en français
?
Les nuits magnétiques
Ah, les nuits douces et étranges des ondes de la
radio... Une "vieille chanson" du répertoire
des Yachines. Une rythmique soul, une toute pointe d'électronique,
un refrain pop, des flûtes, un nouvel arrangement
en somme... Je me suis beaucoup amusé à l'enregistrer
24 heures
La naissance de cette chanson remonte à 1992. Elle
était en anglais, et je n'avais que le couplet. Nous
l'avions composée avec celle qui partageait ma vie
à l'époque et qui chanterait plus tard dans
les Yachines. Nous l'avions enregistrée sur un 4
pistes. Puis un jour, quelque temps plus tard, nous avons
entendu à la radio un titre d'un nouveau groupe anglais
qui s'appelait Portishead et il y avait de vraies similitudes.
Nous l'avons abandonnée. Puis j'y suis revenu bien
des années plus tard ! J'ai enfin trouvé un
refrain, et les mots sont venus naturellement. Par le truchement
des hasards, et comme cette chanson nécessitait un
duo anglais / français, une énigmatique hôtesse
de l'air américaine (c'est tout à fait véridique)
à la voix caressante est venue enregistrer avec nous.
Les arrangements sont très sobres, une batterie presque
jazz down tempo, une guitare acoustique, un piano électrique,
une basse, pour laisser place aux voix.
L'Exil
Une petite soeur du "monde à l'envers"
versant Californie. C'est la chanson préférée
des musiciens qui m'accompagnent, il y a pas mal de changement
d'accords, presque toutes les deux mesures, pourtant elle
est agréable à jouer. J'adore la batterie
sur ce titre, les breaks surtout, très Ringo Starr.
Le thème est un peu la suite d'"Hôtel
d'Angleterre" (j'ai un peu vécu à la
marge ces deux dernières années, assez solitairement,
alors le titre m'est venu naturellement même si je
n'en ai pas rajouté). J'ai demandé à
Tania de Montaigne de collaborer à l'écriture
des paroles, c'est elle par exemple qui a trouvé
le refrain.
Tous les bateaux, tous les oiseaux
Je l'ai enregistrée à l'occasion d'un tribute
autour de Michel Polnareff. L'idée du duo est venue
de la maison disque. Après l'avoir découvert
sur Myspace, j'ai sollicité Tania de Montaigne, elle
a accepté et nous avons enregistré très
rapidement. Ma voix est assez méconnaissable, c'est
un peu à l'initiative de Tania que je chante plus
grave, pour prendre le contre-pied de la version originale,
je trouve que le duo fonctionne bien de cette façon.
Au bout de trois minutes on retrouve une chanson californienne
...
Propos recueillis par Gildas
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