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KITCHENS OF DISTINCTION

THE 3RD TIME WE OPENED THE CAPSULE.
Sans doute le titre de chanson le plus intriguant de la fin des 80’s. C’est avec ce single que les Kitchens of Distinction vont se révéler à nos oreilles.

1989 : le label londonien One Little Indian cartonne dans les charts indés. Les Sugarcubes viennent de sortir leur deuxième album et les Heart Throbs enchaînent les Singles of the Week du Melody Maker. Oscillant entre esthétisme arty et mélancolie musicale, le label trouve en Kitchens of Distinction un parfait compromis entre le néo-romantisme noisy pop et le militantisme gay de cette fin de décennie.

Les trois musiciens se rencontrent à Amsterdam en 87 lors d’un concert de la légende reggae Burning Spear. Patrick Fitzgerald, le bassiste et chanteur rageur, le guitariste Julian Swales et Dan Goodwin, ex-batteur d’un "groupe" musicalement proche de KOD, AR Kane, partagent la même passion pour la culture "English Carribean". Pas forcément évidentes à l’écoute de leur pop sautillante aux relents gothiques (ah, ces guitares à la reverb-cathedrale !), cet amour pour le dub et le reggae est surtout perceptible dans l’omniprésence de la basse dans leur musique. En plus d’être la voix du trio, Fitzgerald donne à son instrument toute les couleurs musicales possibles. Mais c’est surtout sur "Anvil Dub" (sur "Elephantine EP") que la chaleur rythmique du reggae éclate sur leur musique.

Signés en 88 grâce aux ventes du premier album de Björk et ses amis, les deux premiers singles des Cuisines de Distinction (un slogan tiré d’une pub pour des….) ne font pas sensation. "Last gasp death shuffle", pourtant Single de la semaine dans le NME, et "Prize", au refrain accrocheur, sortent en catimini . Un petit buzz se monte quand même autour du groupe, surtout reconnu pour son homosexualité affichée. Le charisme de Fitzgerald n’a rien de commun avec l’autre Patrick gay (Steven Patrick Morrissey), mais on les compare vite aux Smiths dont on pleure toujours la séparation.

C’est d’abord grâce à son titre que "The 3rd Time we opened the Capsule" retient l’attention : le troisième simple est un subtil mélange de pop 100% britannique et d’une envolée de guitares fuzz nappée d’une couche de clavier synthétique.
Le premier album de KOD sort et c’est l’émeute (j’exagère presque). Son titre ("l’amour, c’est l’enfer !") et sa pochette tendancieuse (un fond vert obsolète, une typographie rose fluo, une vierge, des mââââles nus dans des postures peu confortables le tout mis en scène façon Grande Nation Russe) font couler beaucoup d’encre. Mais c’est la musique qui touche. Rock, noisy-pop, néo-gothique, ce premier opus plaît autant au fan de My Bloody Valentine qu’au Curiste averti et c’est tout naturellement que le "Love is Hell" se classe à la 21ème position dans le top du NME des meilleurs albums de 1989.

KITCHENS OF DISTINCTIONAvec des singles comme "Drive that Fast" (sans doute un des meilleurs singles noisy-pop de tous les temps) et la ritournelle printanière "Quick as rainbow", le deuxième album du trio sera celui de la consécration en Angleterre. Musicalement, rien ne change si ce n’est la production plus étoffée de Hugh Jones, également à l’origine du son particulier des mancuniens d’Inspiral Carpets (tiens, encore un nom à chier !). "Strange Free World" se classe 27ème dans le classement NME de 91 et Kitchens of Distinction fait désormais parti du club des Shoegazers au côté des Boo-Radleys, Bleach, Moose ou Slowdive. Des formations qui ont plus en commun un son de guitare saturée et aérien qu’une réelle attirance oculaire pour leurs pieds.

L’année suivante, le trio refait le coup du slogan : "The Death of Cool" est un album prétentieux. Le titre déjà ferait peur à un fan de Motley Crüe. Quant à la musique, quand ça ne tourne pas en rond, ça part en tirade héroïco-tragique. En 1994, "Cowboys and Aliens" tente de rectifier le tir mais c’est One Little Indian qui aura le dernier mot : "DEHORS !".

Orphelins, les Kitchens continuent d’enregistrer chez eux quelques morceaux. Alors qu’on les croyaient morts, c’est par le biais d’un 7’’ 2 titres sur le micro-label londonien, Fierce Panda, qu’ils offrent leur chant du signe. Personne ne félicite Fierce Panda, plus habile sur le terrain de la power-pop lo-fi (Kenickie, Pullover ou Helen Love) que sur celui des vieilles gloires de l’ère shoegazing, pour son audace. La chute du panda coïncidera avec la disparition du trio.
Depuis on attend toujours d’ouvrir la capsule pour la quatrième fois…

ursagraph.

NB : Patrick, le chanteur des Kitchens of Distinction, pousuit ses aventures sous le nom de Stephen Hero. http://www.stephenhero.co.uk/

KITCHENS OF DISTINCTION - Love Is HellDiscographie :

ALBUMS
Love is Hell (1989, One Little Indian)
Strange Free World (1990,One Little Indian )
The Death of Cool (1992,One Little Indian)
Cowboys and Aliens (1994, One Little Indian)


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