> edito
accueil
> recherche
> ryoji ikeda
test pattern
> radar bros.
auditorium
> jim noir
jim noir
> bowerbirds
hymns for a dark horse
> wire
object 47
> nurse with wound
huffin' rag blues
> arbouse...
interview
> seu jorge
america brasil o disco
> route du...
the dodos, fuck...
> rivers cuomo
alone: the home...
> domingo
s/t
> the war on drugs
wagonwheel blues
> sharleen spiteri
melody
> feeder
silent cry
> newsletter
> POPdépêches
les news fraîches
> POParchives
les autres articles
> POPinterviews
les interviews
> POPmusic
sélection de mp3
> POPvideo
les émissions
> POPshop
compilation et +
> POPoldies
les "vieilleries"
> POPscene
sélection de concerts
> POPlinks
les liens
> POPforum
discutaillons
> POPblog
blog
> POPredaction
contact & play-list
> fils RSS







> pub
maison de disque, labels, distributeurs: profitez de la publicité que peut vous apporter popnews. infos
rejoignez-nous :
myspace
last.fm
twitter
facebook
|
|
DEUS
[page précédente]
Le fait d'avoir votre propre studio vous permet de travailler plus vite ?
Oui et c'est ce qu'on va expérimenter par la suite. On n'a pas encore pu le faire assez avec cet album qui est le premier enregistré là-bas. En juin et en septembre, on est libre, on va aller y écrire des morceaux.
Dans quel état d'esprit avez-vous enregistré ce disque qui tranche avec le précédent par son énergie ? Vous vouliez de la spontanéité, de la fraîcheur ? Non, ça s'est présenté comme ça. Premièrement, le groupe était complètement rodé parce qu'on venait de faire 140 concerts. Je me rappelle que le producteur rentrait dans le studio et nous disait : "Stop, c'est bon, on a assez de choses". Ensuite on était très serré en termes de deadline avec les producteurs anglais et enfin, on voulait un album compact. Tout ça explique qu'on est allé assez vite. Mais on pourrait travailler encore plus vite. Ça donne une tout autre énergie à la musique, une sorte de brutalité intéressante même.

Pourquoi le choix du producteur Dave McCracken ?
Quand il est arrivé, la plupart des morceaux étaient écrits. Chez nous la démo ce n'est qu'un point de départ susceptible de beaucoup évoluer. Et ça, ce n'est pas toujours évident pour un producteur. On en a rencontrés pas mal avant Dave qui avaient du mal à se projeter dans le projet à partir de nos démos. Lui, ça ne l'a pas effrayé. Et puis, les Anglais ce sont des bosseurs, ils foncent. Ils ont l'amour de la chanson inscrit dans leur ADN !
Avec le succès du groupe, ton approche de la musique a-t-elle changé ? Est-ce qu'il n'y a pas des recettes d'écriture qui commenceraient à se manifester ?
La recette, c'est le format pop. Tu peux trouver ça péjoratif mais tu peux aussi dire que ça fonctionne bien. Ok, on écrit des morceaux de trois ou quatre minutes mais d'un autre côté on a toujours fait des morceaux plus longs... Donc, non, je ne trouve pas qu'on utilise des recettes. J'aime bien expérimenter, genre allez vous faire foutre, il n'y aura pas de refrain mais j'adore aussi des trucs super pop. C'est un des avantages d'être belge, on n'a pas le poids d'une grande tradition de la chanson qui nous écrase. On est au carrefour de plein d'influences. On n'a jamais écrit en fonction de la radio. Je ne pourrais pas. C'est seulement après que certaines chansons s'imposent comme des tubes. Mauro, lui, il peut le faire. Il l'a déjà fait avec son groupe Evil Superstar. Il te sort un tube comme ça ! Depuis le deuxième album, j'entends les gens dire que dEUS est de plus en plus accessible. Excusez-moi, on n'a jamais cherché à être inaccessible. J'ai conscience qu'à chaque nouvel album, on essaie de nous pousser dans le corridor "commercial" mais donne-moi le nom d'un groupe qui sonne "mainstream" avec un tel spectre de musiques sur ses disques. Qui fait des albums comme ça ? Je veux une réponse maintenant...
... Zita Swoon !
(il cogne du poing sur la table puis s'allume une cigarette)
Est-ce que ton escapade musicale avec le pianiste Guy Van Nueten a pu influencer ta place au sein de dEUS et le groupe lui-même ?
Très bonne question. Ça m'a donné une sorte de confiance que je ne recherchais pas nécessairement. J'aime beaucoup les trucs calmes mais avec les tournées de dEUS ce n'est pas l'option choisie. On veut faire beaucoup de bruit avec des trucs très groovy. On rejoue pas mal d'anciens titres qui ont la pêche comme "Fell of the Floor Man" ou "For the Roses". Cette tournée avec Guy m'a appris que je suis un guitariste très limité et que l'amour de la chanson est ancré très profondément en moi.

Tout le monde connaît ta passion pour le cinéma, pourrait-elle un jour supplanter celle de la musique ?
Non, c'est pareil. C'est pour moi deux modes d'expression identiques. En fait le cinéma était là avant la musique. D'ailleurs, je viens de réaliser le clip de "Slow". Je crois que devenir metteur en scène c'est une bonne façon de vieillir. Tu as déjà vu des photos d'écrivains à septante-cinq ans, ils ont l'air misérable. Par contre les réalisateurs, ils sont beaux. Pourquoi ? Parce qu'ils travaillent avec des jeunes ! Et la perspective de jouer "Suds and Soda" à septante-cinq ans ne m'enchante pas vraiment. Pour autant, je n'ai pas hâte de passer à autre chose car je m'amuse beaucoup avec dEUS. Je prépare mes projets cinématographiques tranquillement sans mettre la pression au groupe.
Comment réagis-tu à la polémique qui est née en Belgique autour de la sortie de "Vantage Point" (les journalistes accusant la maison de disque de vouloir contrôler leurs propos avant la sortie officielle de l'album) ? Même Le Monde ici s'en est fait l'écho...
On n'était pas là quand ça s'est passé. C'est quelque chose qui a eu lieu entre la maison de disque et les journalistes. Il faut que tout le monde se calme. Un, ce n'est pas aussi important. Deux, il ne faut pas utiliser des mots aussi grotesques que "embargo" ou "liberté de la presse". Allez vous faire foutre ! Cette pratique de passer des accords entre les productions et la presse a toujours existé. Et soudain, il y a des journalistes qui s'offusquent, ça rime à quoi ? C'est une tempête dans un verre d'eau. dEUS n'est absolument pas pris en otage sur ce coup-là. Je crois que les médias réagissent de manière trop hystérique.
Propos recueillis par Luc Taramini
Photos par Julien Bourgeois (site)
Merci à Sarah de Spöka.
A lire également, sur dEUS :
la chronique de "Pocket Revolution" (2005)
la chronique de "The Ideal Crash" (1999)
|