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CRAIG
ARMSTRONG - Memory Takes My Hand
(Virgin
Classics) [site]
- acheter
ce disque
Enfin
! Après des années et moult albums à
tourner autour du pot, Craig Armstrong affiche sans complexe
sa formation classique et devient, avec son nouvel album
"Memory Takes My Hand", un vrai compositeur de
musique classique, au sens le plus noble et respectable
du terme. N'y voyez point de mépris ou une critique
de ce qu'a pu créer monsieur Craig (des musiques
de films de Baz Luhrmann à son album emblématique
"The Space Between Us") mais l'envie de voir un
compositeur débarrassé de ses propres influences
pop rock trip hop me titillait fortement.
Ce désir vient enfin d'être satisfait, et de
très belle manière, avec ce disque regroupant
trois œuvres écrites durant ces quatre dernières
années et interprétées par l'orchestre
symphonique de la BBC conduit par Garry Walker.
La première œuvre intitulée "Immer"
est un concerto pour violon composé en 2007 pour
Clio Gould. Beaucoup de subtilité pour ce morceau
de 18 minutes qui se dévoile peu à peu, instillant
sa profonde mélancolie au fur et à mesure
du temps.
Alors que souvent la musique électronique utilise
les ressources de la musique classique, cette fois c'est
l'inverse. Et Craig Armstrong utilise des techniques issues
des logiciels de musique, comme les boucles lentes qui s'interpénètrent
durant les phases de montée et de descente, pour
obtenir une tonalité estompée et octroyer
à son morceau une atmosphère aérienne
et évanescente.
Le deuxième morceau "One Minute" se compose
de 15 pièces pour orchestre d'une minute chacune.
Cette œuvre a été commandée par
le Glasgow City Council pour la réouverture du Kelvingrove
Art Gallery and Museum en octobre 2006. Bien que volontairement
indépendantes, ces 15 pièces réussissent
à garder une unité, ce qui empêche la
frustration d'une composition trop courte dans laquelle
l'auditeur n'arriverait pas totalement à se plonger.
Ces compositions pourraient servir admirablement une musique
de film (on ne se refait pas) dans le style d'Howard Shore
pour David Cronenberg.
Enfin, la troisième composition, "Memory Takes
my Hand", se compose de 12 titres.
Passé un premier morceau lorgnant un peu trop du
côté du thème des "Nerfs à
Vif", le reste de cette œuvre est tout bonnement
magistral, l'orchestration s'accompagnant d'un chœur
et de la soprano Lucy Crowe qui emmène les morceaux
vers des sommets de pureté et d'émotion assez
rares à ressentir autrement qu'en live. Et pourtant
Craig Armstrong y parvient et permet à cet album
de se conclure d'une fort belle manière.
Voilà donc un vrai beau disque classique qui ne fera
pas l'unanimité chez les admirateurs du Craig Armstrong
de "The Space Between Us" mais qui saura toucher
sincèrement les amateurs de classicisme non paraffiné
et ancré dans le XXIème siècle.
Xavier
Immer
One Minute
Memory Takes My Hand
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