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CENTENAIRE
Signé sur le label Chief Inspector, Centenaire
est le nouveau projet de Damien Mingus (My Jazzy Child),
Axel Monnaud "Orval Carlos Sibelius", Aurélien
Potier et Stéphane Laporte (Domotic). Croisant leurs
influences respectives (classique, jazz, rock et folk) autant
que le bois de leurs instruments, ces quatre-là jouent
une pop de salon, feutrée et aventureuse, qui évoque
les pérégrinations musicales de Robert Wyatt
ou Pentangle, sans déférence ni mimétisme
stérile. Si leur musique est exigeante, leur quête
reste assez simple : écrire de belles chansons serties
dans leur écrin de velours. Peu importe le reste.
Rencontre avec quatre garçons pas forcément
dans le vent mais bien de leur temps, autour d'une tasse
de thé.
Comment est né
ce groupe ?
Damien : Je connais Aurélien qui est violoncelliste
depuis dix ans. On a fait plein de groupes ensemble. On
a créé un site web de MP3 qui s'appelait "Evènement"
il y a cinq ou six ans. On avait aussi lancé plusieurs
projets d'improvisation. Ensuite, on a rencontré
Axel via le label Clapping Music, on a sorti ensemble "Orval
Carlos Sibelius". Et Stéphane, c'est via Clapping
Music et Active Suspension. Notre rencontre est liée
à ces labels-là. Ensuite, j'ai demandé
à Aurélien et Axel de m'aider à préparer
une série de concerts pour My Jazzy Child. On a commencé
à répéter ensemble sur une base acoustique
et, rapidement, on a eu suffisamment de matière pour
sortir un premier album. Entre temps, Stéphane est
arrivé...
Quel était
le but avoué de cette formation, écrire des
chansons ou improviser et voir ce qui allait sortir ?
Aurélien : Au départ, il s'agissait de faire
les morceaux de My Jazzy Child mais très vite, d'autres
morceaux sont apparus qui ont donné matière
à la création de ce groupe.
Damien : Souvent, on part
quatre ou cinq jours à la campagne et on improvise.
On enregistre tout et dès que quelque chose nous
plaît, on l'approfondit. Si au départ, ça
part d'improvisations, c'est toujours dans l'optique d'écrire
des chansons.
La configuration
de votre groupe étant assez particulière,
avez-vous des modèles plus ou moins avoués
?
Aurélien : Je ne pense pas qu'on ait des artistes
de référence en commun. On a tous des influences
différentes.
Damien : Au début,
Aurélien était dans sa phase Bert Jansch.
Avec nos instruments acoustiques, la guitare douze cordes,
le charango, le violoncelle, c'est vrai qu'à un moment
ça m'intéressait de voir comment un groupe
comme Pentangle pouvait aborder l'acoustique dans une formule
un peu "progressive".
Qu'est-ce qui vous
intéresse le plus, l'approche du son ou les mélodies
?
Stéphane : C'est un peu les deux. Quand on improvise,
il y a parfois des passages qui fonctionnent bien à
la fois au niveau de la mélodie et du son.
Axel : Souvent, on part d'un
motif harmonique assez simple que l'on creuse. Ensuite,
on fait attention aux textures entre les instruments pour
que ça sonne bien.
Damien : Oui, ça nous
donne aussi des repères pour avancer. On a un tableau
avec un système de notation pour les morceaux. On
bosse ceux qui ont le plus d'étoiles !
Vous pratiquez les
concerts en appartement, pouvez-vous nous expliquer ce choix
?
Damien : En fait, c'est un peu une contrainte que l'on s'est
fixé pour nos répétitions après
avoir connu les studios de répét'. Le fait
de sonner acoustique s'y prête bien aussi. Au fur
et à mesure des répétitions, des gens
ont commencé à venir nous voir puis c'est
nous qui avons proposé à des amis de jouer
chez eux... Voilà, c'est parti comme ça et
ça continue encore.
Il y a une différence
entre jouer dans un appartement et sur une scène,
notamment au niveau sonore. Comment arrivez-vous à
passer de l'un à l'autre ?
Stéphane : C'est assez compliqué en fait.
Nos premiers concerts sur scène étaient assez
déstabilisants parce qu'on était habitué
à entendre le son direct de nos instruments. Sur
scène, on n'a pas forcément conscience de
ce que les gens entendent, il faut tout amplifier et, en
même temps, essayer de respecter le timbre des instruments.
Damien : Comme on a beaucoup
d'instruments acoustiques, ça veut dire beaucoup
de micros donc un son différent. Ça nous est
aussi arrivé de jouer en acoustique avec juste les
voix reprises.
[suite]
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