POPnews POPnews
POPnews décembre 2004 - interview

> edito
accueil
> recherche

> children of...
songs from the source
> jordan o'jordan
not style nor season...
> mud flow
interview
> indian jewelry
free gold
> jonathan richman
because her beauty is...
> devotchka
a mad and faithful...
> eric matthews
the imagination stage
> richard lewis
postcard: track by track
> mud flow
ryunosuke
> santogold
santogold
> sz
autumn leaves latin...
> willits +...
ocean fire
> astrïd
&
> ryoji ikeda
test pattern

> newsletter



> POPdépêches
les news fraîches
> POParchives
les autres articles
> POPinterviews
les interviews
>
POPmusic
sélection de mp3
>
POPvideo
les émissions
>
POPshop
compilation et +
> POPoldies
les "vieilleries"
> POPscene
sélection de concerts
> POPlinks
les liens
> POPforum
discutaillons
> POPblog
blog
> POPredaction
contact & play-list

> fils RSS



RSS Forum
RSS MP3
RSS blog
RSS Podcast

> pub

maison de disque, labels, distributeurs: profitez de la publicité que peut vous apporter popnews. infos
rejoignez-nous : myspace
last.fm
twitter
facebook

BEN CHRISTOPHERS

Plutôt rare sur les scènes françaises, Ben Christophers est venu présenter à Paris les titres de son excellent troisième album "The Spaces in Between". Quelques heures avant son set, il nous reçoit dans le salon de son hôtel pour une interview spontanée dans laquelle il dévoile un peu de sa personnalité singulière.


Après trois albums, quel regard portes-tu sur ton évolution musicale. Qu'est-ce qui, à tes yeux, distingue ce disque de ses prédécesseurs ?
Ce disque représente probablement le plus grand changement par rapport à mes origines musicales et ma manière de travailler. De manière délibérée, j'ai pris le parti d'écrire des chansons très simplement, sur un piano, sur une guitare, avec un sentiment et une attitude légèrement différents, venant plus du cœur. Au départ, j'ai enregistré ce disque à la maison sur mon 8 pistes. À l'origine, j'étais censé le refaire, le réenregistrer, mais je continuais de composer, et j'ai fini par écrire presque 50 chansons en l'espace d'une année et demie. J'ai pris le temps d'écouter le tout et j'ai pensé que je ne voulais plus rien y ajouter. Ce n'est pas rempli de sons, ça sonne simplement, avec des éléments pop, proches de David Bowie, des Beatles, et d'autres qui reflètent mon amour pour l'electronica. J'ai senti que tout ça était vraiment naturel, donc je l'ai laissé tel quel, et je suis allé avec au studio, où j'ai dit que je ne voulais plus réenregistrer, juste faire que cela sonne bien. Le studio était dans une vieille maison, où nous avons mixé avec un ami. Je n'ai jamais travaillé comme ça, avec une seule prise de voix, une prise de guitare. Avant, on restait pendant des mois dans le studio, on essayait plein de sons. Cette fois-ci, ça s'est fait d'une façon beaucoup plus libre et rapide, il n'y avait plus de "peut-on refaire ça ?" et ça nous a pris 2 mois pour faire tout, du début à la fin. C'est un peu bizarre de travailler à cette vitesse, mais ça m'a fait plaisir.

 

Paradoxalement, quand on écoute le disque il a l'air très complexe, abouti, à partir de morceaux construits sur différentes strates.
C'est venu en quelque sorte de soi, je n'avais pas projeté de faire les morceaux comme ça. Par exemple, pour "Flowers Drink Upon the Ground", il n'y avait que ma voix et la guitare, et quand je le réécoutais, j'entendais la ligne mélodique, et j'ai rajouté dessus une autre ligne, plus répétitive, plus constante, puis j'ai encore rajouté quelque chose d'autre et après, avec le sampler sur les genoux, j'ai mis les batteries, et ça s'est fait comme ça. Pour "The Spaces in Between", j'ai travaillé une heure sur le son de cloches qui débute le morceau, et c'est presque accidentellement que j'ai rajouté une sorte d'écho autour, en tournant autour de trois cordes, celles que je connais vraiment bien. Ca revenait toujours de sorte que je l'ai écrit en très peu de temps. Avant je travaillais beaucoup pour trouver certains sons. Maintenant, comme c'est venu de façon très rapide, très fluide, je ne voulais ni cacher ni compliquer cela. J'ai donc voulu mettre ensemble ces chansons et voir ce que ça donne. Comme je venais de quitter ma maison de disques et d'arrêter ma collaboration avec mon ancien producteur, je devais aller ailleurs et essayer autre chose.

Comment as-tu travaillé avec ton nouveau producteur ?
J'ai en fait beaucoup produit moi-même, mais j'ai travaillé avec Cenzo (Townshend, ndlr) comme co-producteur. Il était déjà là sur les autres albums et sur d'autres projets. C'est quelqu'un de génial. Chaque producteur, chaque ingénieur apporte quelque chose de différent, C'était amusant avec lui, on a vécu deux semaines dans cette ancienne maison, dans le Suffolk, en Angleterre. C'était vraiment génial et romantique - enfin, pas entre nous deux, je veux dire...(rires) -, sa femme va me tuer !

Parle-nous de tes influences en musique électronique. Quels sont les noms qui comptent ?
J'écoute tellement de musique électronique, de Aphex Twin à Boards of Canada, et aussi des groupes comme Kraftwerk, que j'écoutais souvent déjà enfant car j'ai toujours aimé cet univers électronique. Ca me fascinait, mais j'aimais aussi les auteurs compositeurs interprètes. Je n'ai donc jamais compris où était ma place. Parfois, je voulais rester derrière un synthé, et juste pousser des boutons, ou devenir DJ... Par la suite, j'ai commencé à me passionner pour la dance music, mais le coté vraiment hard-core, comme le drum-n-bass, ou la house, parce que c'était une attitude complètement différente. Ensuite, au milieu des 90's (ou même avant), il y a eu un afflux massif d'electronica, hard-core, industrielle, néo-classique, d'avant-garde (sic), et parfois c'était tout simplement remarquable. Il y a actuellement beaucoup d'artistes électro partout, surtout en Europe en fait, en Autriche, en Allemagne aussi, et ici aussi il se passe des choses vraiment intéressantes, un groupe français qui s'appelle Readymade. Ils ont invité sur leur second album David Sylvian qui est l'un de mes chanteurs préférés. Ca m'inspire pas mal dans l'aspect électronique de ma musique.

Et tu projettes de faire un album entièrement électronique un jour ?
Pour tout vous dire, j'y travaille déjà, j'y pense depuis longtemps. Je ne sais pas si je suis assez courageux pour le sortir encore, mais je travaille dessus.

Sur le disque, la musique pop orchestrale cohabite avec l'electronica, mais de façon très harmonieuse et fondue. Comment est-ce venu si simplement ?
Ca sonne comme ça, mais ce n'est pas vraiment si simple, car je dois y arriver d'abord d'une façon ou d'une autre, et le cheminement prend toujours du temps. Je crois que je suis assez influencé par Françoise Hardy, Edith Piaf, depuis à peu près 2 ans, quand j'ai commencé à écouter ce type de musique populaire traditionnelle. J'ai trouvé que les arrangements étaient vraiment très beaux, et aussi les rythmes, qui sont très différents de la musique que j'écoute d'habitude ; c'est parfois un rythme à trois temps, 1, 2, 3, comme une petite valse que j'avais sur mon clavier quand j'étais enfant, un rythme très simple, qui apparaît dans des chansons comme "The Drinking Tree" et "Flowers Drink Upon the Ground". Mais il y a aussi beaucoup de fantaisie, comme dans les contes de fées, comme des histoires bizarres et aussi certaines chansons que j'ai commencé à aimer comme "Scarborough Fair", une chanson de Simon & Garfunkel. Personne ne sait qui l'a écrite, mais elle est tout simplement belle et je voulais aller aussi dans cette direction-là.

Il y a des effets sonores étranges sur le disque. Est-ce que tu es influencé par des ambiances ou des musiques de films ?
Je n'utilise pas vraiment d'effets sonores, mais il est vrai que j'ai une approche assez visuelle. Quand j'étais enfant, j'avais un projecteur de films, et j'avais l'habitude de projeter des films sur le mur, et j'aimais la façon de voir les images trembler sur le mur, les arbres dorés ; tout le monde souriait et, à cause de la vitesse de déroulement, tout le monde bougeait plus rapidement, et c'était vraiment beau. J'arrivais en quelque sorte à entendre une musique pour ces films. Aujourd'hui encore, je regarde parfois ces mêmes films : ils sont toujours juste comme dans l'enfance, et j'aime cette perfection romantique. Je ne supporte pas les enregistrements de mariages, mais ces petits films ou les super-8, sont merveilleux. J'ai toujours aimé les films, et les effets spéciaux, j'adorais notamment dans les vieux films les monstres de cauchemar, les ombres sur les murs, j'étais fasciné par ça, et je trouve que ça influence vraiment la musique que je fais.

[suite]