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Disques

Matt Low – La Ruée vers l’or

L’Auvergne a toujours été une terre de belles plumes et de songwriters bien enracinés, et Matt Low s’inscrit à l’évidence dans cette tradition. S’il n’est pas exactement un débutant (on lui doit deux EP en 2015 et 2016 et de nombreuses collaborations, de The Delano Orchestra à Garciaphone), c’est pourtant sans connaissance préalable que je me suis penché sur ce disque. Celui-ci démarre dans la brume, celle de “Mon ami”, qui dévoile déjà les premiers charmes de la musique de Matt Low : cette voix grave, ces arrangements subtils, cette fausse langueur qui n’empêche pas d’amener de l’ampleur aux mélodies, qui subliment des textes sur l’amitié, l’absence, l’amour. Avec patience, mais aussi avec beaucoup d’élégance, le musicien établit une matrice implacable, quelque part entre des aspirations folk-rock électrique que l’on devine et des auteurs plus proches de nous (Pain-Noir, Bertrand Belin, Jean-Louis Murat).

Il est donc aussi à l’aise sur “Dans ma poche”, avec son électricité contenue en un riff irrésistible, que sur le folk classique de “La Ruée vers l’or” ou le plus enlevé “Vert pomme”. A chaque fois, la justesse de Matt Low et son refus de toute effet de manche honorent un sens de l’artisanat dans son écriture, riche et variée. Celle-ci touche au cœur sur “Le Retour”, quand il nous parle de l’absence sur  “Quand la lumière tombe” (“Machinalement, j’ai compté toutes les rues / où je ne t’ai pas vue”) ou de ce qui nous hante (“Le Bout du tunnel”).
Pas étonnant que les sentiments puissant se mêlent, car le disque a été écrit alors que son auteur traversait une période de deuil avant de connaître la paternité. Ce mélange d’émotions irrigue le disque, soigné de bout en bout, sans temps faible, qui se referme avec brio sur “Loup”, un titre suspendu, de toute beauté. Un album qui marque sans doute l’avènement d’un auteur à suivre.

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