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Disques

Hoorsees – Hoorsees

Après un EP remarqué il y a deux ans, les Parisiens de Hoorsees sortent un premier album qui ravira les amoureux et/ou les nostalgiques des groupes à guitare des années 90.

La musique, c’est cyclique. Tous les 25-30 ans, un genre revient sur le devant de la scène. Comme si chaque génération se réappropriait le style de la génération précédente. La pop des Beatles et des Kinks a fait son come-back dans les années 90 de Blur et d’Oasis. Aux seventies le psychédélisme et le rock à guitares, revenus dans les années 2000 (MGMT ou les Strokes pour ne citer qu’eux). Idem pour les années 80 et le soulèvement des machines, pour le meilleur et pour le pire.
Cette théorie à la noix se vérifie encore. Depuis quelques années, on ne compte plus les groupes présentés comme le « renouveau du rock indé à guitare », au firmament dans les nineties. De TH Da Freak à Bryan’s Magic Tears ou EggS, les Français ne sont pas en reste, et Hoorsees en apporte une nouvelle preuve. Déjà, en baptisant leur premier EP en 2019 Major League of Pain, le quatuor parisien rendait hommage à Pavement et son dernier maxi “Major Leagues” sorti en 1999. Pourtant, difficile de ne pas penser aussi au Cure période “In Between Days” sur le super efficace et introductif “Overdry”, et ça fonctionne très bien !

Toutes guitares dehors, la suite de l’album nous replonge dans nos chères nineties adorées, pour notre plus grand plaisir. Cette décennie où il était assez cool de se morfondre dans une sorte de spleen. Hoorsees – qui est la contraction d’un de leurs morceaux “Horror Sees” – transforme le mode mineur en art de vivre, de jouer et de chanter. Le groupe confirme ainsi tout le bien qu’on pensait de lui après leur EP. Mélodies catchy, sensibilité et romantisme surannés, sincérité, mélancolie loin d’être sirupeuse : voilà ce qu’il nous fallait pour ne pas culpabiliser de procrastiner pendant le(s) confinement(s). On attend avec impatience la réouverture des salles pour voir ce groupe défendre sur scène ces chansons pas si tristes que cela (“Major League of Pain” et “Give It Up” devraient faire danser la foule, même les quadras nostalgiques). On pourra alors aussi débattre de la théorie foireuse du caractère cyclique de la musique et la remettre à sa place : au comptoir. En priant pour les années 2030 nous offrent un « digne héritier » d’Arcade Fire plutôt que le nouveau Tokio Hotel.

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