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Disques

The Notwist – Vertigo Days

Un vertige délicieux nous prend assurément lorsque l’on se laisse happer par les méandres des dernières compositions du groupe allemand. Entre krautrock et Sehnsucht, ce nouvel album aux idées larges et aux invités de marque réussit à exprimer, de manière figurée, un peu de la complexité du monde actuel.

The Notwist revient avec un nouvel album studio, le premier depuis sept ans. Ce qui frappe tout d’abord à l’écoute de ces jours de vertige (“Vertigo Days”), c’est ce goût immuable du groupe allemand pour la création d‘alliages subtils entre expérimentations et mélodies. Le trio constitué des frères Acher (Markus et Micha) et de Cico Beck poursuit alors, avec ce nouvel opus, l’exploration de contrées sonores où les textures électroniques, électriques et acoustiques se marient de manière organique. Ce matériau musical se constitua au fil d’improvisations empreintes de liberté ; pourtant, l’auditeur se laissera facilement emporter par les tours et détours de ce flux cotonneux.
La seule boussole conservée ici, c’est la Sehnsucht (vague à l’âme) allemande qui exprime à la perfection l’esprit de notre époque agitée. L’album peut en effet être perçu comme l’expression de notre tiraillement actuel : entre tentation du repli – incluant la dimension onirique de ce voyage intérieur – et besoin inassouvi de partir vers d’autres mondes, dont les souvenirs nous habitent encore mais s’effacent un peu plus chaque jour.

“Sans Soleil” nous permet de retrouver le talent du groupe consistant à bâtir de beaux morceaux pop, puis à consciencieusement les déconstruire et les réassembler afin de créer un tableau à plusieurs dimensions. Le groupe est rejoint par la chanteuse japonaise Saya (du groupe Tenniscoats) sur le très convaincant “The Ship”. Il est alors difficile de ne pas penser au “Future Days” de leurs aînés de Can, lorsque le beat régulier de Jaki Liebezeit venait soutenir les ballades vocales de Damo Suzuki.

Plus loin, Angele Bat. David, Ben LaMar Gay et l’envoûtante chanteuse argentine Juana Molina (“Al Sur”, l’un des sommets du disque !) viennent offrir encore un peu plus de relief aux compositions du groupe en apportant des touches jazzy, hip-hop et electronica.

L’album se conclut sur le magnifique et délicat “Into Love Again” qui, en lui-même, exprime toute l’ambivalence de cet appel au voyage intérieur/extérieur. On y retrouve des mélodies d’Europe de l’Est, autant que des sonorités nippones, le tout accompagné par un simple arpège joué à la guitare acoustique. Et puis… et puis, il y a la voix et les mots de Markus Acher qui caressent doucement nos oreilles : « Now that you know that stars ain’t fixed / Now that you know that sky can fall on us, Now that you know how much it hurts won’t save you from falling into love again ».

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