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DiversInterviews

Un tour en ville #16

Les indépendants face à la pandémie

Dans le domaine de la culture, au sens large, le couvre-feu puis le confinement ont compromis bon nombre de spectacles et de publications. Jusqu’à poser la question de la pérennité de certains lieux de diffusion, de quelques structures indépendantes et de projets artistiques. Dans les grandes villes, au ralenti, nous interrogeons musiciens, acteurs des sphères indés et autres pour prendre le pouls de la cité. Malgré le marasme, l’espoir demeure et des initiatives se font jour… qu’il est urgent de soutenir.

Paris

Denis Quélard, gérant et programmateur du bar le Pop In.

Comment c’était avant ?
Avant la pandémie qui nous a forcé à des fermetures totales ou partielles depuis le 15 mars 2020, la situation n’était pas au mieux pour le Pop In. En effet, la Préfecture de police renforçant ses mesures envers de nombreux ERP (établissements recevant du public), elle nous avait interdit de concert dès le mois d’octobre 2018. Nous avions donc déjà une grosse baisse de clientèle en 2019 sans l’activité de concert, alors que c’était notre crédo depuis 20 ans. Il y a d’ailleurs plusieurs établissements organisant des concerts qui ont définitivement fermé durant l’année 2019, suite à l’acharnement administratif de la Préfecture.

Quelle est la situation actuelle de la ville ?
Actuellement, tout est à l’arrêt total pour les bars parisiens. Déjà qu’il y a eu une fermeture totale de deux mois et demi lors du premier confinement, la réouverture autorisée de début juin à début octobre a eu lieu avec de telles mesures sanitaires (distanciation physique, port du masque, gel obligatoire…) que la clientèle n’a pas suivi et n’a pas été au rendez-vous. Nous n’avons donc travaillé qu’à 30-40 % de l’activité comparé aux années précédentes. Puis, avant même le deuxième confinement du 29 octobre, le couvre-feu à 21h déclenché le 6 octobre faisait qu’il nous était impossible d’ouvrir (quand nous ouvrons normalement à 18h30) pour deux heures seulement.

Sur la platine de Denis : “Trêve internationale” de Julien Gasc.

As-tu quand même des motifs d’espoir ?
Les motifs d’espoir sont bien faibles, vu que rien n’a pour le moment été annoncé concernant la réouverture des bars. Une date devrait être donnée autour du 15 ou du 20 janvier. Probablement début ou mi-février… mais dans quelles conditions ? Je ne vois pas avant longtemps le retour à une ouverture normale. Quand, en plus, les chiffres annoncés par le Conseil de la santé publique font douter d’une reprise d’activité pour certains organismes culturels le 15 décembre… [cela vient malheureusement d’être confirmé, NDLR] Ajoutez à cela la crainte d’une troisième vague après le relâchement des fêtes de fin d’année, et ça laisse peu d’espoir pour l’avenir, même si je suis généralement d’un naturel optimiste.

Comment peut-on vous soutenir ?
Lors du premier confinement, nos clients avaient participé à l’opération de commandes prépayées “J’aime mon bistrot”, qui nous avait été bien utile pour ne pas sombrer financièrement. En effet, l’aide mensuelle de 1 500 € du gouvernement permettait à peine de payer la moitié du loyer. J’avoue que pour le deuxième confinement, l’aide de 10 000 € par mois du Fonds de solidarité permet davantage de maintenir l’équilibre financier et de ne pas sombrer. Mais sur l’ensemble de l’année 2020, il faut être conscient que les aides de l’Etat ne représentent que 30 % du montant de la perte par rapport à l’année précédente (- 60% par rapport à 2019).

“Partez devant” de Gabriel Tur. « Il a sorti un super album pop, léger et joyeux, qui n’a pas encore eu l’accueil mérité à cause du confinement », dit Denis. 

As-tu quand même des projets ?
Oui, il ne faut rien lâcher et être à l’affût de toutes les opportunités, même si elles sont peu nombreuses. C’est ainsi que dans les deux semaines à venir vont avoir lieu au Pop In un shooting de mode et le tournage d’un clip. Ça permet de garder un pied dans une sorte de business un peu différent, et d’imaginer un retour à une pleine activité.

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