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Bright Eyes – Down in the Weeds, Where the World Once Was

Après neuf ans de silence radio, Bright Eyes revient, et le nouvel album de la bande à Conor Oberst tient la route. La recette ne change pas : de l’americana grandiose aux mélodies simples et efficaces. Si des accompagnements et des arrangements pas toujours subtils viennent plomber certains titres, le talent est là et le come-back est réussi.

Ce n’est pas qu’on s’inquiétait. En 2011, Bright Eyes publiait l’oubliable “The People’s Key” puis disparaissait des radars sans que l’on se demande forcément pourquoi. Pourtant, en 2005, Conor Oberst – tête pensante du groupe – nous avait pris aux tripes avec “I’m Wide Awake, It’s Morning”, un album qui n’a jamais vraiment quitté nos platines, porté par des tubes et le classique multi-repris “First Day of My Life”. C’est donc sans attente particulière mais non sans plaisir que l’on retrouve sa voix chevrotante, qui semble parfois au bord des larmes.

Depuis 2005 et son chef d’œuvre, Bright Eyes a musclé son jeu, ici avec réussite le plus souvent. Violons, piano, chœurs, orgue Hammond, steel guitar, basse (avec Flea des Red Hot Chili Peppers en invité de luxe !), flûte, cuivres, mellotron, cornemuse, percussions et j’en passe habillent joliment des mélodies toujours aussi bien troussées. Mais gare à l’indigestion ! Notamment dès “Dance and Sing”, positionné pourtant en début d’album. Avec ses violons dégoulinants de guimauve et ces chœurs d’un autre âge, le titre se charge d’artifices inutiles qui desservent un morceau pourtant bien écrit.

Heureusement, on digère très vite avec “Just Once in the World” et le single “Mariana Trench”, sa trompette folle et son finale épileptique.

L’indigestion guette à nouveau sur “One and Done”, à cause notamment de ses arrangements surannés (la reverb sur la voix, le delay sur les percus, vraiment ?) un peu trop calibrés FM. Mais rassurez-vous, le reste de l’album coule tout seul. Les cuivres de “Stairwell Song” créent une ambiance joliment mélancolique, tandis que les cornemuses de “Persona Non Grata”, single envoyé en éclaireur au printemps, apportent des nuages sombres et annoncent les larmes de “Tilt-a-whirl”, sur la mort du frère de Conor Oberst. Des larmes qui reviendront plus tard, sur le superbe “To Death’s Heart (in Three Parts)” où le chanteur évoque aussi bien la maladie, son divorce ou encore l’attentat du Bataclan tout en citant Pink Floyd. La poésie du Monster of Folk s’affirme dès le titre suivant, “Calais to Dover”, pour en faire un tube en puissance, malgré un solo de guitare estampillé eighties.

C’est donc sur la face B de “Down in the Weeds, Where the World Once Was” que Bright Eyes démontre tout son talent. Si nous sommes loin du folk intimiste de “I’m Wide Awake, It’s Morning“ et si certains titres auraient gagné à faire un petit régime sans sucre, le talent de parolier de Conor Oberst et le sens de la mélodie de son groupe font parfaitement le job.

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