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13 essentiels : The Wolfhounds

Dans la chronologie, 13 titres remarquables dans la discographie des Wolfhounds. En toute subjectivité !

Ils sont rares, les groupes qui se reforment près de 25 ans après leur séparation et dont les nouvelles chansons apparaissent au moins aussi vitales que les anciennes. Toujours menés par David Callahan (voix, guitare) et Andy Golding (guitare, chant occasionnel), les Wolfhounds sont de ceux-là. Ces Anglais bientôt sexagénaires, dont la musique n’est pas l’activité principale, n’ont rien perdu de leur vigueur et affichent une productivité peu fréquente chez les vétérans de l’indie pop. Le bien nommé et excellent “Electric Music”, qui sort en ce mois de juillet sur A Turntable Friend Records, est ainsi leur troisième album depuis leur retour discographique en 2014, et le groupe a tourné régulièrement en Europe ces dernières années. Leurs guitares (souvent) furieuses et acérées, leur regard sans concession sur l’époque et sur leur pays en font les pères putatifs des Shame, Idles ou Fontaines D.C., la maturité en plus.

Inclus sur la fameuse compilation “C86” (pour “classe de 1986”) du “NME”, les tout jeunes Wolfhounds apparaissaient, à l’instar de leurs amis de McCarthy, comme une bonne synthèse entre les deux tendances qui se dégagent de cette photographie d’époque : d’un côté, une pop plutôt légère et mélodieuse, quoique un peu noisy parfois ; de l’autre, un rock nettement plus déconstruit, engagé, voire conflictuel (“confrontational”, disent les Anglo-Saxons). Témoignant de leurs racines garage-punk-rockabilly, “Feeling So Strange Again”, le bref morceau figurant sur la compile, est toutefois en deçà des singles que les Wolfhounds sortent en 1986 et 1987 : “Cut the Cake”, “Cruelty”, l’imparable “Me” ou l’énergique “The Anti-Midas Touch”, qui reste sans doute leur classique. A l’opposé de cette science du riff catchy, le lancinant et monocorde “Another Hazy Day on the Lazy ‘A’” impressionne au moins autant, avec son imagerie morbide digne d’un western spaghetti (“Corpse deflate to the ground/buzzards circle round”, “A skull leers from an outcrop”, “An owl peers from a cactus rotten and brown”). Ce ranch désolé ne serait-il pas une métaphore de l’Angleterre thatchérienne ?

Après “Unseen Ripples from a Pebble” (1987), qui selon les membres du groupe échoue à capter leur énergie scénique, le deuxième album “Bright and Guilty” (1989) affine la formule et les satisfait davantage. La production un peu plus riche, le jeu un peu plus délié des musiciens n’enlève rien à la puissance de l’ensemble. Les futurs cadors sensibles du shoegaze prennent sans doute des notes, et “Son of Nothing”, avec sa rythmique funky, est parfaitement en phase avec le son baggy de Manchester (dommage pour eux, les Wolfhounds sont de Romford, à l’est de Londres, ville qui sera citée dans le tube “Born Slippy” d’Underworld). Régulièrement présent dans les charts indie britanniques, le groupe commence à se faire connaître au-delà de son île, notamment en France.

Sorti la même année, le mini-album “Blown Away” radicalise le son, un magma de guitares et de basse dont émergent quelques-unes des mélodies vocales les plus mémorables et passionnées de Callahan. Un an plus tard, “Attitude” signe déjà la fin du groupe en creusant encore davantage le sillon bruitiste, comme pour s’étalonner sur My Bloody Valentine, les Pixies ou Sonic Youth. Il annonce aussi les futures aventures, encore plus expérimentales, de David au sein de Moonshake. Entre efficacité pop, coups de boutoir soniques et plages plus atmosphériques, tout ce passé semble comme sublimé dans les albums de ces six dernières années, qui explorent également de nouvelles pistes inattendues. Les Wolfhounds n’ont pas fini de nous surprendre.

#Nuage de groupes : Wire, The Nightingales, The Membranes, The Fall, World Domination Enterprises, Dandelion Adventure, McCarthy, The Wedding Present, My Bloody Valentine, Nirvana, Moonshake, Fontaines D.C.…

Another Hazy Day on the Lazy ‘A’ (1)
The Anti-Midas Touch (2)
Me (3)
Happy Shopper (4)
Son of Nothing (5)
A Mess of Paradise (5)
Blown Away (6)
Skyscrapers (6)
Vertical Grave (7)
Cheer Up (8)
Divide and Fall (8)
My Legendary Childhood (9)
Like Driftwood (10)

(1) Extrait du EP “Cut the Cake”, premier disque du groupe, enregistré en novembre 1985. Morceau bonus sur la réédition de “Unseen Ripples from a Pebble” (2014).
(2) Single, 1986, et album “Unseen Ripples from a Pebble” (1987).
(3) Single, 1987. Autre version sur l’album “Unseen Ripples from a Pebble”.
(4) Compilation “Hands in the Till: The Complete John Peel Sessions”. Enregistré le 19 janvier 1988, première diffusion le 1er février 1988. Autre version sur “Bright and Guilty” (1989).
(5) Album “Bright and Guilty”.
(6) Mini-album “Blown Away” (1989).
(7) Album “Attitude” (1990).
(8) Album “Middle-Aged Freaks” (2014).
(9) Album “Untied Kingdom (…Or How To Come To Terms With Your Culture)” (2016).
(10) Album “Electric Music” (2020).

A lire, une interview publiée en 2015.

Photo : Helen Golding ; DR.

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