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Disques

Garden With Lips – Au Vent

Garden With Lips - Au vent

Gildas Secretin qui se cache derrière l’alias de Garden With Lips, sociétaire de l’excellent label brestois L’église de la petite folie revient avec un nouvel Ep au prix libre sur son Bandcamp et propose une folk journalière comme la rédaction d’un carnet de voyage.

A la rubrique bon plan de rentrée, antidote à la morosité dans laquelle nous plonge la rentrée, le souvenir qui commence déjà à se délaver de nos vacances, on pourrait prescrire à tous les dépressifs saisonniers l’écoute prolongée d’ »Au Vent », le nouvel ep de Garden With Lips en prix libre sur son Bandcamp.

Mais qui se cache donc derrière cet alias bricolé de copier/coller ? Un homme de jeu d’images à l’image de sa musique, un certain Gildas Secretin, graphiste de son état et auteur de deux albums aussi étranges, singuliers qu’attachants.

L’homme est une des signatures du label L’Eglise de la petite folie, belle maison en délices divers et variés tenue par le doux dingue et franc lunatique Arnaud Le Gouefflec. La pop bricolée de Garden With Lips est de ce courant-là, une dérive Lo-Fi, un presque minimalisme habité par les bruits du quotidien et le monde qui se résume à toi et nous.

Ces six titres sont construits comme autant de miniatures. Ce qui est peut-être le plus dur à atteindre dans la composition c’est de réussir la concision parfaite sans paraître cachexique ou point trop osseux. Gildas Secretin pose le squelette de chansons et nous laisse le soin à travers les mille et un indices qui traversent les titres d’y inscrire d’autres nuanciers.

Ce qui est remarquable dès la première écoute, c’est une forme pour le moins particulière de mélancolie soyeuse, ni quelque chose de trop appuyé qui confinerait à la posture ni un second degré parodique qui gâcherait tout. Cela vient confirmer cette certitude d’être ici face à de l’authentique, du non-joué. On ne sera donc pas surpris de voir que cet EP bricolé est né d’enregistrements comme des field recordings sur les routes des vacances, un peu comme la carte postale du bon copain.

On entend ici et là le bruit du quotidien, les aboiements du chien, les rires de l’enfant. On jurerait entendre le bruit du feu qui crépite.  On qualifierait sans doute de manière hâtive et un peu restrictive la musique de Gildas Secretin de folk journalier car derrière cette production modeste se cache une expérimentation qui ne mérite pas le seul sobriquet de bricolé, bricolage. Non, pas bricolage car cela ne rend pas justice à la mise en perspective des ambiances, au journal intime d’un voyageur estival, au carnet de route d’un migrant volontaire du mois de juillet.

De l’inaugural « Nous » et sa phrase litanique comme les kilomètres que l’on avale en voiture, les paysages qui changent.

Le monde de Gildas Secretin, c’est celui du toi, du vous et du nous. Prenez « De vous à Moi » comme l’évocation de la peur abstraite de l’autre et de la vie.

Et puis il y a le temps qui bruisse et occupe les sons comme sur « Au Vent » et parfois les changements d’angle pour prendre les choses qui viennent autrement, comme « La tendresse » qui remet de l’ordre.

De « San Cervone » qui convoque la Corse sans pour autant ressembler à une image couleur locale sortie d’une revue touristique. C’est un peu comme l’achèvement du voyage. Un voyage sans grandes péripéties pour celui qui attend la trépidance de la grande aventure mais qui apportera tant à celui qui a compris la science du rien et du détail.

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