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Disques

The Bitter Springs – Cuttlefish & Love’s Remains

The Bitter Springs - Cuttlefish & Love's Remains

C’est un fait entendu, les vétérans anglais de Bitter Springs continuent avec une belle obstination à sortir des disques pour le même petit groupe de fans, dans lequel on doit compter nombre de leurs amis. Le rythme est un peu moins soutenu qu’à la fin des années 90 (un album tous les trois ans en moyenne, désormais), mais ils sont toujours un peu trop longs, portent des titres génialement absurdes (pour mémoire, “From the Parish of Arthritis”, “Five Die Filming This Lazy Lark” ou “Benny Hill’s Wardrobe”…), sont fatalement inégaux mais comportent à chaque fois leur lot de grandes chansons. Le nouveau, “Cuttlefish & Love’s Remains”, ne déroge pas à la règle. C’est presque un double (65 mn, quatorze morceaux), avec une reprise du premier morceau vers la fin (“Poetry Emulsion”/“Po Reprise”), une sorte d’intermède au milieu (“Cut All Fish”, sans doute un jeu de mots sur le titre de l’album), et des personnages que l’on retrouve d’une chanson à l’autre.

Simon Rivers, vieux pote du grand Vic Godard et plus ou moins leader du groupe (il écrit textes et musiques, chante, et vous contacte pour vous demander si vous voulez recevoir les disques) s’est entouré d’une dizaine de musiciens, fidèles ou nouveaux venus. Outre les instruments habituels, on entend de l’accordéon, du violon, du banjo, de la pedal steel, de la mandoline, de la trompette, de la clarinette… Sur “Its Yer Birthday”, il y a même un cœur d’enfants, nettement plus gais que ceux qui hurlaient sur le traumatisant “The Kids” de Lou Reed (dans l’idée, on est plus proche du dernier album de Raphael). Dans un esprit typiquement britannique, Rivers transfigure avec un humour parfois tendre, souvent grinçant, la banalité du quotidien, dans la lignée de Band of Holy Joy ou Animals That Swim, voire des Kinks, Pulp ou Belle and Sebastian. Des morceaux un peu bastringue, où tout le monde s’en donne à cœur joie, alternent avec d’autres plus dépouillés et mélancoliques, où s’exprime la même générosité. Comme une nouvelle collection de petites histoires, qu’on aura autant de plaisir à feuilleter que les précédentes.

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