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Disques

Bill Wells & Aidan Moffat – The Most Important Place in the World

Bill Wells & Aidan Moffat - The Most Important Place in the World

Bill Wells et Aidan Moffat se sont accordé pas moins de quatre années pour donner une suite à leur première œuvre commune, l’acclamé « Everything’s Getting Older ». Dire que le jeu en valait la chandelle serait très nettement en deçà de la réalité. En effet, après quelques écoutes, l’éclat de cette deuxième livraison nous fait oublier l’éclipse prolongée de l’attachant tandem écossais.

Produits par l’inamovible Paul Savage (The Delgados), les onze titres de « The Most Important Place in the World » possèdent tous séparément un charme admirable. Ensemble, ils forment surtout un bloc étonnamment cohérent, en dépit de la diversité des chemins empruntés. D’étranges signaux de fumée émanent ainsi de « Lock Up Your Lambs », renvoyant autant à Tom Waits qu’au dEUS grinçant d »In a Bar Under the Sea ». Le single « This Dark Desire » possède, pour sa part, le maintien élégant des chansons mélancoliques de John Grant. Sur fond de bossa nova chatoyante, « Any Other Mirror » voit le vocaliste se livrer à un cruel exercice d’auto-dépréciation : « I might be a useless prick, but I feel ugly, old and thick in any other mirror but you… ». Plus loin, un couple se délite au rythme voluptueux d’un transistor de plage (« Vanilla »), tandis qu’un gospel jubilatoire ramène l’espoir sur une piste de bal des 70’s (« Street Pastor Colloquy, 3 AM »). Sur « The Eleven Year Glitch », c’est une electro-pop boudeuse qui cesse soudain de ruminer son amertume, pour se dissiper dans une envolée de cordes subtilement enchevêtrées. Ambiance jazz, confession houblonnée au coin du piano ensuite, pour la vulnérable « Far From You », avant le final à l’intitulé programmatique, « We’re Still Here ». L’histoire d’un couple qui voit tous les repères de son petit monde disparaître un à un, mais qui tient bon, contre vents et marées.

En parvenant à faire surgir beauté et grâce à la seule évocation des petits détails du quotidien, entre humour noir et lucidité féroce, Aidan Moffat tape une fois de plus dans le mille. Les infinies subtilités du jeu de Bill Wells, au-delà du sentiment de nouveauté qu’elles fournissent à son univers, offrent un écrin idéal au verbe acide de l’ancienne voix d’Arab Strap. En un mot, magnifique.

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