Loading...
Disques

Ben Watt – Hendra

Ben Watt - Hendra

Moitié masculine du duo Everything But The Girl formé avec Tracey Thorn, DJ respecté et patron de label exigeant, Ben Watt décidait l’an passé de mettre toutes ses activités entre parenthèses, afin de concrétiser deux projets de longue date. D’abord l’écriture de son deuxième livre, « Romany and Tom », consacré à ses parents (un père musicien de jazz, une mère actrice). Ensuite, la réalisation d’un nouvel album solo, plus de trente ans après le mythique « North Marine Drive ».

Enregistré entre Londres et Berlin, avec le concours de Bernard Butler (ancien guitariste de Suede) et d’Ewan Pearson, « Hendra » est décrit par son concepteur comme « un album folk-rock à l’ère de l’électronique ». A rebours des productions techno/deep house de Buzzin’ Fly, le label qu’il dirige depuis une dizaine d’années, ce disque autobiographique montre l’Anglais sous son jour le plus apaisé. Il rappelle surtout que l’artiste, s’il a toujours été à l’écoute des nouvelles tendances, allant même parfois jusqu’à les devancer, n’a pour autant jamais perdu de vue ses racines musicales.

Naviguant sereinement entre folk méditatif (« The Heart is a Mirror » ou « The Levels », éclairé par la guitare slide et les chœurs du Pink Floyd David Gilmour), soft-rock accompli (« Forget », « Nathaniel », « Young Man’s Game ») et vignettes pop sensibles (« Matthew Arnold’s Field » ou encore un « Spring » proche de John Cunningham), « Hendra » dessine le portrait d’un artiste quinquagénaire, entre fêlures intimes et détachement rêveur.

Impossible, bien sûr, de ne pas songer à Everything But The Girl période « Eden » sur « Golden Ratio », belle comme un éclair de mélancolie dans la langueur estivale. Nous serions également tentés de dresser un parallèle entre « Hendra » et la dernière livraison de Tracey Thorn, « Love and its Opposite » (2010), produite elle aussi par Ewan Pearson et empreinte de la même maturité.

En renouant avec l’écriture personnelle et la veine folk classique de ses débuts, Ben Watt prend enfin le temps d’une respiration salvatrice, à l’écart de l’agitation des dancefloors. Il en profite au passage pour nous offrir l’un des plus beaux disques du printemps. La saison de toutes les renaissances.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *