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Disques

Scud Mountain Boys – Do You Love The Sun

Scud Mountain Boys - Do You Love the Sun

Sans forcément être les plus tapageurs, certains disques parviennent à nous laisser des souvenirs indélébiles. Chef-d’oeuvre discret partagé comme le plus précieux des secrets par une poignée d’abonnés aux immenses pouvoirs des harmonies vocales et du pedal-steel, “Massachusetts” est de ceux-là. Paru en 1996, le troisième album des Scud Mountain Boys fait partie des recueils essentiels et rassurants vers lesquels nous aimons tant revenir à intervalles plus ou moins réguliers. Ce trésor caché, beau comme un classique enfoui de Gram Parsons, semblait pourtant bel et bien destiné à ne connaître aucune descendance. Certes, nous entendions bien ici ou là (chez Beachwood Sparks ou The Kingsbury Manx, par exemple) l’écho insistant de cette country-folk mélodique un peu hors du temps. Nous savions par ailleurs le songwriter Joe Pernice bien occupé à soigner son obsession pour la pop de chambre en général, et The Zombies en particulier, avec ses Pernice Brothers.

Remis en selle par la réédition en 2012 d’une compilation de ses premiers enregistrements (“The Early Year”), la formation de Northampton s’est finalement décidée à tenter de nouveau l’aventure collective. Autant le dire clairement, il serait de vain de chercher à retrouver sur “Do You Love The Sun” la magie inégalable de son prédécesseur. Un peu comme celui du duo Cardinal il y a quelques saisons, le retour inespéré des Scud Mountain Boys ne pouvait objectivement pas se faire sans susciter une pointe de déception. Rien d’indigne pourtant, loin de là, sur cette suite enregistrée tardivement par le trio reconstitué. Juste une dizaine de chansons douillettes tricotées avec simplicité, apaisantes comme une promenade au soleil couchant le long de la côte Est américaine. La balade sera donc fort agréable, à défaut de nous réserver la moindre surprise. Nous devrons juste nous résoudre à n’en retirer qu’un plaisir fatalement éphémère, là où nous rêvions plus ou moins secrètement d’un frisson des plus durables. Pour cela, il nous restera toujours “Massachusetts”.

 

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