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Disques

Lloyd Cole – Standards

Lloyd Cole - Standards
 
Quelques souvenirs et des bleus à l’âme. « Are you ready to be heartbroken », « Forest Fire » ou « Jennifer She Said” furent quelques-unes des chansons les plus touchantes qu’un adolescent pouvait rencontrer sur son chemin dans la deuxième moitié des années 80, profitant de la perçée (relative) dans les charts de Lloyd Cole. Heureuses rencontres au vu du contexte de l’époque, si l’on considère la qualité du songwriting qui se déploie sur les trois albums inauguraux de l’Ecossais. Le charme de ces compositions reste aujourd’hui intact, mariant des références littéraires assumées et un romantisme jamais lacrymal. C’était la première carrière de Lloyd Cole, lorsqu’accompagné des Commotions il jettait les ponts entre un folk lumineux et une belle efficacité pop. Il était l’exact contemporain des Smiths et des Pale Fountains, et comme ceux-là marquait à sa manière – lettrée, ironique – le retour en grâce d’une vraie écriture personnelle et des guitares, en pleine vague électronique. Cet âge d’or précède les hésitations, la tentation américaine en solo (entre l’urbanité de Lou Reed et le rock FM) du début des années 90, et une longue période plus chaotique et confidentielle, faite de projets collectifs, de retours aux sources. En 2009 sortait ainsi “Cleaning Out The Ashtrays”, coffret exhumant de nombreux enregistrements de la décennie précédente, faces B et inédits.

Comment être au présent sans se départir d’un passé riche d’expériences mais somme toute écrasant ? A cette interrogation, Lloyd Cole répond aujourd’hui avec “Standards”, album financé par ses fans, inégal mais vibrant et jamais ridicule. Avec comme modèle avoué le “Highway 61” de Bob Dylan, il revient à l’électricité et nous livre un recueil de chansons suivant cette formule somme toute éternelle : la succession de titres rapides et de ballades plus introspectives.

Quelques titres – magnifiques – éclairent l’ensemble : du convaincant “California Earthquake” et son lit de guitares velvetiennes au dépouillé “Silver Lake” en passant par les très beaux “Myrtle and Rose” et “Blue Like Mars”, on retrouve cette voix inimitable – et qui a peu bougé en presque trois décennies d’activité –, servie par une production économe. Bien sûr, la nostalgie s’empare de nous mais elle n’est pas seule à agir. Le propos de Lloyd Cole s’avère encore parfaitement actuel : la relation complexe à l’autre, entre la perte et le désir, ne semble pas vouloir s’épuiser. Un baume, sans doute, face au temps qui passe. 

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