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Disques

Menomena – Moms

Menomena - Moms

Bon nombre de chroniques commentent le fait que l’une de ces trois têtes blondes ait décidé de se consacrer à un autre projet musical… Dès les premières minutes, il est incontestable que leur énergie créatrice est toujours exacerbée, se complexifiant progressivement à l’écoute de ces dix morceaux. Ils se jouent des thèmes principaux, intériorisés maintenant depuis quelques années et qui ne demandaient qu’à être libérés. La pochette en dit long.

L’image de la mère, l’absence d’une figure paternelle, et donc l’héritage familial jalonnent chaque morceau. Ils ont dû conserver leur mode d’écriture, chacun isolé avant de devoir ou pouvoir confronter leur propre vision de la maturité. On est parfois désorienté par les arrangements de ce cinquième album. De simples notes et voici « Plumage », premier titre posant les bases de cette épopée sonore, avant de basculer encore plus dans l’émotion, les fantasmes relationnels avec « Capsule » et « Pique ». Les phrases mélodiques, de l’anxiété à l’exubérance, nous rattrapent sans crier garde et nous font comprendre petit à petit cette forme de résilience. Avançons donc sans craintes, au milieu de ces cordes à vif, ces cuivres chauffés à blanc et ces touches enlevées au synthé.

Leur choix de dérégler, de déconstruire est pleinement assumé. Cette pop torturée, changeante en devient leur marque de fabrique ; alors qu’ils prennent l’un après l’autre leur tour de chant, et ce depuis « Friends & Foe » (2007). Les textes restent énigmatiques ou très directs, n’empêchant pas une véritable complémentarité, elle-même soulignée par des lignes de basse et de saxophone irréprochables. Leurs boucles se forment-elles encore grâce au Deeler, programme informatique développé par Brent Knofp ?

Le sixième titre marque la moitié du parcours, de leurs désillusions. « Heavy are the branches hanging from any fucked up family tree » reste une accroche que l’on pourrait se repasser de manière incessante, une respiration avant un tourbillon d’effets. Cette catharsis musicale se poursuit avec les textures de « Tantalus » et l’épique « Don’t Mess With Latexas », dont on retient : « I was a monster once, but/ Now I’m gone/ ‘Cause now I’m fed. » Après ce tumulte, l’orchestration de la ballade finale nous enlace, nous apaise. L’éducation sentimentale dans son plus bel appareil et pour tous les âges.

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