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Disques

Benjamin Biolay – Vengeance

Benjamin Biolay - VengeanceJoie divisée

C’était d’avance une gageure que de faire un retour après « La Superbe » tellement ce disque résonne encore, n’en finit plus de se consumer, de se raviver sur nos platines. Succès largement mérité parce que le disque n’était pas destiné à atteindre le grand public, par sa forme : un double album, des chansons hors format à faire pâlir les stations de radio, par sa noirceur mais, la qualité mélodique des chansons, la beauté des arrangements ont fait basculer la balance du bon côté. « La Superbe » a ainsi permis de couronner une carrière déjà bien remplie et un sans faute depuis « Trash Yéyé ».

En bébé du petit surdoué de la chanson, « La Vengeance » était évidemment très attendu. Le résultat est assez surprenant, pénible à plusieurs endroits, par moments d’une inventivité vraiment jouissive lorsqu’il s’empare des spectres de la New-Wave ou de la Soul. On se retrouve ici avec un album éclaté aux ambiances très variées, bien loin de l’implacable unité de « La Superbe ». 

Si « La Vengeance » part dans tous les sens avec plus ou moins de réussite, l’un des autres fait marquant du disque réside dans le tour de chant de Biolay. Avec l’âge sa voix a pris un peu de consistance, d’épaisseur, même si sur certains titres on aurait aimé quelques efforts d’articulation. Néanmoins, c’est dans le choix de ses invités qu’on peut rester coi : trois crécelles, Vanessa Paradis qui sur « Profite », est d’une insignifiance totale alors que la chanson est l’une des plus réussies et que Biolay y chante magnifiquement, Gesa Hansen meuble une chanson qui n’en avait pas besoin tandis que Julia Stone allume un pétard mouillé sur « Confettis ». Parmi cette cohorte d’invités, seul Orelsan et Oxmo Puccino insufflent grâce à leur talent une plus-value qui donne un peu de hauteur aux textes.

Derrière ce premier tableau pas forcément élogieux se cachent néanmoins de petits trésors : « Personne dans mon lit », mélange subtil de cordes, d’électronique et de basse appuyée servent une interprétation magistrale autour d’un désert sentimental sur fond urbain, tout comme « L’Insigne Honneur » qui après le succès d’estime de Lescop, est peut-être le signe d’un retour d’une New-Wave made in France décomplexée.

« La Vengeance » sonne comme un disque réalisé avec une liberté totale. Biolay dans une démarche hédoniste, s’est amusé, a expérimenté pour nous servir un disque surprenant mais aussi inégal. Prenons-le comme un intermède légitime après le trop encombrant « La Superbe ».

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