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Om – Advaitic Songs

Om - Advaitic Songs

Après « God is Good », Om revient avec ce cinquième album, « Advaitic Songs ». Pour rappel, le groupe est né sur les cendres de Sleep. La formation a aujourd’hui atteint un statut culte grâce notamment à un morceau d’une heure, « Dopesmoker » (un titre qui fut baptisé dans un premier temps « Jerusalem » et qui était à sa sortie certainement l’un des plus lents du stoner/doom).

N’en déplaisent aux puristes de la première heure, Al Cisneros et Emil Amos (batteur du groupe Grails) continuent leur quête « spirituelle » avec ce cinquième album et s’éloignent de plus en plus du style dans lequel ils ont fait leurs premières armes. Dès ses débuts, Om n’a jamais été un groupe comme les autres avec des titres comme « Kapila’s Theme », « Anapurna » ou « At Giza ». Le duo a évolué en gardant la même méthode d’écriture sur fond de spiritualité, en restant répétitif et minimaliste. Leur recherche du riff lourd reste le seul lien de parenté avec Black Sabbath et autres.

Sur « Advaitic Songs », le duo pousse son exploration plus loin. Il intègre à sa base rythmique basse-batterie, du chant hindou, des tablas et des violons. En effet, en invitant à la méditation et à l’évasion, « Addis », premier titre, annonce la couleur de cet album. Le tableau s’assombrit avec « State of No-Return » sur lequel la basse distordue si distinctive se mêle aux phrases mélancoliques et noires des violons (proche de « Kronos Quartet » sur la BO de Requiem For a Dream). C’est hypnotique, lourd et planant. La suite l’est tout autant. « Gethsemane » nous plonge dans un conte des mille et une nuits sombre et inquiétant revisitant les thèmes abordés par la Bible. Quant à « Sinai » et son énorme basse à faire trembler la montagne, le ton se veut dur, froid et sans concession. Le calme revient avec le dernier titre « Haaq al Yaquin » avec son rythme répétitif qui se termine sur quelques notes de guitare lorgnant du côté de Ben Chasny des Six Organs of Admittance.

L’ethno-diversité musicale développée ici n’est pas sans rappeler la confrontation entre musiques occidentales et musiques orientales initiée par certains musiciens à partir des années 60. Les artistes minimalistes, Terry Riley ou La Monte Young ont étudié la musique indienne (Hindustani) enseignée par Pandit Pran Nah. Brian Jones est allé au Maroc pour apprendre la musique soufi et y enregistrer un album avec les Master Musicians of Jajouka. Il est aussi possible de situer cet album dans la lignée de groupes contemporains comme Sun City Girls, Sun Araw, High Wolf, ou de labels comme Sublime Frequencies qui explorent aussi ce vaste territoire.

L’instrumentation minimale des débuts est peut être regrettable mais on décolle toujours autant sur ces envolées psychédéliques et obscures.

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