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Disques

Light Asylum – S/T

Light Asylum - S/T

Dark dark dark ! Light Asylum porte mal son nom : c’est plutôt un asile de noirceur, du cold-gospel élevé à DAF. Il y a quelque chose d’irréductible dans ce duo blanc/noir, homme/femme, voix/machines à la fois épuisant, répétitif, et d’une musicalité réduite. Tout repose sur la voix discutable de Shannon Funchess qui évoque une Skin techno-vorace éructant des slogans crypto-mystiques (« No one is innocent », tiens, on a entendu ça où déjà ?). Les synthés de Bruno Coviello semblent dater de Cabaret Voltaire, du moins des débuts de leur incarnation dance (« Crackdown » ou « Microphonies »). Rien de bien neuf, et on pourrait envoyer balader Light Asylum de la main comme si c’était une grosse mouche bourdonnante repue de cadavres. On ne le fera pourtant pas car leur jusqu’au-boutisme nous touche finalement. Rien n’est pop dans « Light Asylum », ce qui pour un disque chanté de musiques électroniques est assez courageux aujourd’hui, de même que l’hommage littéral à Joy Division (« Shallow Tears » et sa gueule d » »Atmosphere »). Et pour un arpège synthétique sur fond de rythmique martiale (« Hour Fortress »), on se sentirait presque pousser des ailes de Crystal (Castles en Espagne ?). Même la petite douceur finale (« A Certain Person ») se déploie comme du Freur antique. Si 1982 vit toujours en nous, il résonne aussi dans les âmes coléreuses et bienveillantes de Funchess et Coviello. Aimons les pour cela, le temps n’existe presque pas.

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