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Disques

Egyptology – The Skies

Egyptology - The Skies 

Un disque instrumental avec des vieux claviers ? Une resucée rétro dans la brèche ouverte par Zombie Zombie ? Que nenni : on se souvient de l’amour porté aux claviers par nos deux compères, tel que dans ce fabuleux premier album de Domotic. Il aura fallu quelques années pour qu’Egyptology sorte du projet démo dont je dois avoir un exemplaire dans un carton à quelques milliers de kilomètres de chez moi, malheureusement. On est donc ravi de cette sortie qui dépasse notre espérance et nos souvenirs.

D’entrée de jeu, « 2789 », tel une incantation au dieu Râ, nous plonge dans leur univers grandiloquent de technophiles évoquant le Vangelis de Blade Runner ou Popol Vuh, soient des sonorités du passé qui voulaient voir le futur. On pense aux envies pharaoniques de Jean-Michel Jarre avant la harpe laser, aux musiques des Mystérieuses Cités d’Or et on est tout de suite séduit par l’ambition du projet. Mais est-ce que ça va tenir la route sur la durée d’un album ? Oui, car il faut compter sur l’habileté d’Egyptology qui se sert de sa base sonore et d’un certain choix minimaliste pour faire décoller ses envies. Après avoir pétri le son sur « Orbis : Matter », on décolle avec « Orbis part 2 : Migration » qui va peupler l’atmosphère d’un beat martial dansant. Enfin, on s’installe avec « Orbis part 2 : Terraforming » et sa mélodie chantante, entonnée peut-être par les descendants des robots des clips de Rondo Veneziano. Si leur musique évoque autant d’images du passé (on pense notamment à la pochette du deuxième album de Shellac), elle n’est pas passéiste pour autant. « Memory City » est presque downtempo, tout en clair obscur. Le dansant « Flying Over the River Meander » rappelle presque les heures glorieuses de Felix Da House Cat. Pendant l’épique « Airborne Corridor » (sept minutes), les Egyptology s’amusent comme des gamins avec leurs claviers, jouant avec les effets comme une sorte de démo de leurs capacités (sans jamais paraître lassants) et usant de tonalités ludiques. Une petite transition avec « Orbis part 4 : Horizons » en forme de Rayon Vert (on se rappelle les claviers de Jean-Louis Valero dans les films de Rohmer) et on enchaîne avec le tube Hot Chipien « Orbis part 5 : Uprising » sur lequel on aimerait bien entendre la voix d’Alexis Taylor. La grande pyramide du disque c’est « Egyptology A -B » en guise de « Bye Bye » qui nous renvoie en douceur sur des nappes ouatées aux effluves orientaux en forme de vibraphones ou d’instruments à vent synthétiques.

On quitte nos extraterrestres via l’Odysseus d’Ulysse 31 avec « The Skies », titre final, à toute berzingue dans l’hyperespace.

L’économie des moyens, le soin de l’atmosphère, l’attention portée aux textures, l’équilibre des morceaux tubesques, ambient et dansants fait de « The Skies » un album moderne, en dehors des modes, ambitieux, attachant et diablement addictif. Bravo les technopapes !

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