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Gaz Coombes – Here Come The Bombs

Gaz Coombes - Here Come The Bombs La séparation de Supergrass n’aura certes pas provoqué des scènes d’hystérie collective, mais aura laissé le sentiment amer de voir une formation tant aimée mettre un terme à sa belle aventure. Une aventure sincère et passionnée, qui aura presque constamment côtoyé l’excellence (quatre premiers albums absolument intouchables, deux derniers moins foudroyants mais pourtant très loin d’être indignes). Avec le recul, les chansons du bondissant trio d’Oxford s’imposent finalement comme les plus précieux et inusables vestiges d’une époque où l’on aura sans doute trop cherché à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Plus talentueux en effet que nombres de superstars brit-pop réduites à se draper dans l’Union Jack pour mieux dissimuler une écriture sans envergure, le groupe restera comme la synthèse idéale entre la pop-punk sous amphétamines des Buzzcocks ou des Undertones et la flamboyance glam de Bowie ou T-Rex.

Tout juste deux ans après cette rupture amicale avec son équipage historique, Gaz Coombes refait donc aujourd’hui surface avec un premier album solo à l’intitulé explosif, « Here Come The Bombs ». Pourtant, les premières écoutes de ce disque ambitieux peinent à évoquer la détonation que ce titre aurait pu laisser entrevoir. Epaulé par Sam Williams (déjà présent aux manettes de l’imparable « I Should Coco » en 1995), l’Anglais semble se plier à l’exercice à la fois intrigant et souvent redoutable du fameux album de la maturité. Surprenant en effet de voir Coombes, qui n’a certes jamais caché une érudition musicale dépassant très largement le cadre étriqué de la pop britannique classique, ouvrir son univers à des ambiances quasi cinématographiques (« Bombs ») voire à des sonorités 80’s sur « Fanfare » ou « Break The Silence ». Bien sûr, le côté tortueux et légèrement expérimental de l’ensemble, les textures sonores très travaillées ou les guitares que l’on jurerait par endroits enregistrées par Nigel Godrich, susciteront probablement d’inévitables rapprochements avec Radiohead, autre groupe originaire d’Oxford. Mais si l’obscurité a clairement pris de la place dans l’écriture de Gaz Coombes, son talent mélodique intact lui évite de perdre l’auditeur en chemin. La power-pop déviante du single « Hot Fruit », de « Whore » ou de « Simulator » nous ramène ainsi en terrain connu, celui des inusables « Richard III » ou « Sun Hits The Sky ». Le garçon brille également de nouveau dans l’exercice de la ballade contemplative, à l’image d’un « White Noise » enchanteur et doucement nostalgique. Nouveau départ plus que prometteur pour son auteur, « Here Come The Bombs » est donc un disque admirable tant pour ce qu’il propose aujourd’hui que pour ce qu’il annonce d’ores et déjà pour demain. Welcome back, Mr Coombes.

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