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Concerts

Dominique A – Cavaillon le 20/04/2012

Entre « La Fossette » et « Vers les lueurs », le premier (si l’on omet « Le disque sourd ») et le dernier album de Dominique A, vingt années ont passé. Vingt années pendant lesquelles, si Dominique A nous a appris une chose, une seule, sur la chanson, c’est qu’une chanson, lorsqu’elle est bonne, peut être interprétée et arrangée de mille façons différentes, elle restera toujours une bonne chanson. Et Dominique A nous en a délivré des tonnes, de bons morceaux. Dès « La Fossette », un album ovni en ce début des années 90, il y avait de vrais trésors. Des chansons qui sont restées gravées dans nos mémoires. Des chansons interprétées de la voix la plus éthérée jamais entendue alors en français, ornées simplement d’échos de guitares de boites à rythmes et de claviers arides. Sur « Vers les lueurs », le paysage est complètement différent. La voix de Dominique A a bien entendu muri, gagné en ampleur et en assurance, tout comme les arrangements de ses chansons. Pour ce dernier album, il est entouré d’un groupe contenant la formation « classique » guitare – basse – batterie, mais aussi d’un ensemble à vent, d’un piano et d’un accordéon (une formation que l’on retrouvera ce soir là sur scène). Le grand écart, donc, entre « La fossette » et « Vers les lueurs ».

Dominique A - Cavaillon

Lors de cette tournée, Dominique A a décidé refaire ce grand écart en quelques heures, et de jouer ces deux albums à la suite, de mélanger en une seule soirée le sombre avec le lumineux. La première partie est donc assurée par… Dominique A, accompagné d’un guitariste et d’un pianiste / accordéoniste pour les chansons de « La fossette », dans le même ordre que sur l’album, et dans des versions (bien entendue) actualisées. Certaines de ces chansons ont gardé toute leur force, ne prenant pas une ride. « Va-t’en », « La neige » ou « Le courage des oiseaux » sont transcendées par une interprétation (toujours) magistrale et des arrangements parfaitement intenses. « Mes lapins » devient une chanson rageuse, dansante et étonnement jouissive (avec un Dominique A donnant de la voix, en opposition totale avec la version de l’album). Certaines des autres chansons ont un peu plus souffert (surtout, à mon avis, du fait de la présence du piano et de l’accordéon). Mais tout se finit par un « L’écho » époustouflant, vif et tendu, à faire frissonner le plus récalcitrant.

Dominique A - Cavaillon

Après une pause de quelques minutes, Dominique A revient accompagné de la formation au grand complet, incluant le quintette à vent. C’est cette fois « Vers les lueurs » qu’ils vont jouer dans son intégralité. La forme change, mais le principe reste le même : les plus beaux morceaux sont encore plus magnifiques en live… et les autres (beaucoup moins nombreux) ont plus de mal à nous émouvoir. « Contre un arbre » et « Rendez nous la lumière » emportent tout le monde dès le début du set. « Parce que tu étais là » justifie à elle seule la présence du quintette à vent qui joue sur nos cordes (très) sensibles. « Close west » et « Vers le bleu » sont encore plus irrésistibles. « Ce geste absent » et « Le convoi » captivent même les plus dissipés, et « Par les lueurs » clot le tout dans un recueillement et un silence mystique et impressionnant… qui cède vite la place à une ovation bruyante et méritée.

Dominique A - Cavaillon

Le premier titre des rappels (choisi par le public) est « Pour la Peau », interprété en solo, extraordinaire, prouvant s’il en était encore besoin que Dominique A n’a vraiment besoin que de sa voix (quelle voix !) et de sa guitare pour atteindre la lumière. Suivent « Le sens », « En secret » et « Le métier de faussaire », trois chansons sublimes, issues de trois de ses albums aussi beaux que différents, des albums parus aux cours de ces vingt années, des années que nous n’avons pas vu passer pendant les trois heures de ce concert. Dominique A et sa troupe reviennent pour un dernier rappel : « Hôtel congress », pour satisfaire à la demande d’une groupie… Puis nous laissent, orphelins, jusqu’à son prochain concert, qu’il sera hors de question de rater.

 Dominique A - Cavaillon

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