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Disques

Bertrand Betsch – Le Temps qu’il faut

 

Le monde selon BB, ce sont des ritournelles déjà entendues, un minimalisme toujours efficace, parfois enfantin, des névroses toujours bien présentes, un peu rassurantes même, des jouissances parcimonieuses.

Le monde selon BB, ce sont des thèmes maintes fois chantés, sans réponse, des sillons plus que creusés, boueux, tortueux, pas carrossables, recouverts par endroit d’un souffle de fertilité pour le printemps prochain. Des ficelles mélodiques maintes fois jouées qui n’ont rien perdu de leur éclat : au diable la technique, au point mort, depuis des lustres, vive le do/la mineur. Les excentricités d’antan, mélodica, percussions samplées sont toujours présentes et viennent définitivement estampiller la BB Touch pour faire passer, comme un viatique, une écriture aux abois, en souffrance, assumée et toujours assez convaincante même si parfois, on a comme une envie de lui faire violence, de le bousculer un peu, de lui dire qu’il est inutile de chanter que « l’avenir est devant » (clin d’oeil à Mendelson ?) avec un entrain de rigueur économique à faire pâlir le triple A.

Sur « Le Temps qu’il faut », Nathalie Guilmot éclaire la face grisée de BB, fait rayonner les refrains de son timbre mouillé, soutient notre homme, donne un peu de légèreté à l’ensemble. C’est toujours moins triste à deux. Le disque aurait été tout autre sans elle. Qui peut nous offrir aujourd’hui ces petits duos fragiles, brinquebalants, nous rappelant bien sûr les grandes heures de Superflu, Elie & Jacno, ou Sinatra / Hazlewood dans un genre beaucoup plus viril. Allez, allez, cherchez un peu. Nous vieillirons ensemble, BB, avec ou sans moustache.

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