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Delorean – Subiza

DELOREAN – Subiza
(Matador / Naïve) [site] – acheter ce disque

DELOREAN - SubizaA Barcelone, la plage et la ville se côtoient, mais représentent dans les esprits deux mondes totalement différents. Les gens travaillent dans leurs bureaux la semaine, puis se relaxent volontiers à la plage le weekend, pour peu que l’astre roi daigne baigner la côte des ses rayons salvateurs.

Après un premier album en 2004, "Into the Plateau", qui laissait présager un envol minimaliste, avec une signature originale et une vraie marque de fabrique, on avait récemment revu Delorean sur scène. C’était en première partie de Wavves en décembre dernier, au Point Ephémère à Paris, et ils avaient étonnamment apporté leur brin de lumière en ouvrant un concert qui s’est révélé pour le moins débridé. Les influences techno des années 90 s’emparaient déjà de ces petits oiseaux exotiques venus de Barcelone. Et puis maintenant "Subiza", ou comme son nom pourrait bien l’indiquer en filigrane : la bande-son idéale d’un publi-reportage sur l’été indé d’Ibiza (si jamais il existe), qui aurait pu s’intituler "La Face Cachée D’Ibiza" (en réalité le nom de l’album évoque un petit village basque, lieu d’enregistrement de l’album). Et quand on parle d’été, on parle bien sûr de la Sainte Trinité des vacanciers estivaux : plage/soleil/mer. La routine, quoi. Oui, sauf que cette même routine devient vite indigeste si l’on ne sait pas bien la doser, détail important car, s’il y a une qualité qu’il faut reconnaître à Delorean, c’est bien la légèreté. Sous les boum-boum se cachent en effet des mélodies éthérées, qui s’engouffrent dans nos oreilles comme une petite brise marine, jamais désagréable. On notera dans "Grow" des sonorités proches de ce que peuvent produire Matt et Kim dans leur chambre d’ado, ainsi que des beats clairs comme de l’eau de roche, ou plutôt de récif coralien. "Endless Sunset" commence comme une machine à laver sous acide, pour évoluer en hymne hédoniste, parfait pour une fête sur la plage au milieu des coquillages et crustacés, et digne de faire remuer les popotins de chanceux nantis, sirotant leurs diabolos grenadine-menthe dans les cahutes sur pilotis du Palma Beach Hotel d’Acapulco.

Le reste de l’album est à l’image des premiers titres, évoquant de grandes étendues ("Infinite Desert"), ou des contrées chaleureuses ("Warmer Places") parsemées de cris enfantins, et d’effets de résonance planants et apaisants. Sans aller jusqu’à la comparaison facile, on remarquera sur "Stay Close" le petit cri d’Avey Tare d’Animal Collective, directement samplé de "Brother", la danse tribale beachboysienne du lumineux "Merriweather Post Pavillion", qui ajoute l’air de rien une petite touche acidulée au morceau. Car de l’acidité il y en a sur "Subiza", mais toujours pour sublimer une atmosphère planante, diaphane, et comme pour contrebalancer les beats tapageurs de synthés dance qui cognent nonchalamment en sourdine. En résumé, même si elle n’ira jamais directement faire concurrence au dernier Animal Collective, car plus étoffé et plus varié dans sa conception, cette petite escapade musicale aura le mérite de bercer l’été d’une dance aérienne à 0% de matière grasse, et étonnamment digeste pour les estomacs fragiles. Le casse-croûte d’été idéal, en somme.

Julien Coquet

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Stay Close
Real Love
Endless Sunset
Grow
Simple Graces
Infinite Desert
Come Wander
Warmer Places
It’s All Ours

 

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