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Disques

Kaliayev – Solipsism

KALIAYEV – Solipsism
(Le Kit Corporation) [site]

KALIAYEV - Solipsism"Solipsism" : les férus de philosophie y verront probablement le signe d’une œuvre par définition introvertie, et par extrapolation, facilement mélancolique. Bien sûr, il y a de ça, mais aussi bien plus dans ce projet porté par le Messin Sébastien Boess, avec l’appui entre autres de Chapelier Fou (y aurait-il un vent nouveau dans la cité lorraine, qui nous fait décidément parvenir de bien belle choses ?).
Cela commence par une véritable écriture, à la fois savante et accessible, libre et structurée, apte à faire cohabiter des styles très différents, du pop-rock à bride abattue de "Lifestyle" jusqu’aux ambiances plus éthérées ou cinématographiques ("The Drowning", "L’Aurore"), en passant par du shoegaze épique et pop à la fois ("Soldiers of Our Empty Love"). Fourmillant d’idées, mariant sans faux pas les sonorités électroniques et plus classiques, cet assemblage hétéroclite compose néanmoins d’authentiques chansons, rêveuses et énergiques à la fois, parfois même martiales.
Avec au milieu de ça quelques sommets, dont "Don’t Snap Me", presque tube d’electro froide mais dansante, interrompu par une guitare aux accents tout aussi médiévaux que cold-wave, ou "Everyone’s Waiting", beau comme un voile solennel déchiré par l’émotion.

"Dualité et lutte" pourrait être le fil rouge qui résume bien l’impression qui transparaît, le sentiment que de cette diversité émerge finalement la présence de forces contraires qui péniblement s’affrontent et s’équilibrent. Entre pesanteur et élévation, fragilité et détermination, contingence et transcendance ("Ces tableaux vides"), le drame n’est jamais bien loin, mais comme conjuré par une sorte de fuite en avant. Voilà, c’est une musique qui avance, tantôt en languissant, tantôt au pas de charge, mais toujours fière. Et si la guerre contre toutes nos douleurs et nos angoisses est sans doute difficile à gagner, peut-être que ce disque nous aidera à remporter au moins une bataille.

Marc Schmit

L’Aurore
Hang On
Pandora
Don’t Snap Me
Ces tableaux vides
Don’t You Find
Soldiers of Our Empty Love
The Drowning
Lifestyle
Everyone’s Waiting
Decline of Lights

 

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Kaliayev – Solipsism

KALIAYEV – Solipsism
(Le Kit Corporation) [site]

KALIAYEV - Solipsism"Solipsism" : les férus de philosophie y verront probablement le signe d’une œuvre par définition introvertie, et par extrapolation, facilement mélancolique. Bien sûr, il y a de ça, mais aussi bien plus dans ce projet porté par le Messin Sébastien Boess, avec l’appui entre autres de Chapelier Fou (y aurait-il un vent nouveau dans la cité lorraine, qui nous fait décidément parvenir de bien belle choses ?).
Cela commence par une véritable écriture, à la fois savante et accessible, libre et structurée, apte à faire cohabiter des styles très différents, du pop-rock à bride abattue de "Lifestyle" jusqu’aux ambiances plus éthérées ou cinématographiques ("The Drowning", "L’Aurore"), en passant par du shoegaze épique et pop à la fois ("Soldiers of Our Empty Love"). Fourmillant d’idées, mariant sans faux pas les sonorités électroniques et plus classiques, cet assemblage hétéroclite compose néanmoins d’authentiques chansons, rêveuses et énergiques à la fois, parfois même martiales.
Avec au milieu de ça quelques sommets, dont "Don’t Snap Me", presque tube d’electro froide mais dansante, interrompu par une guitare aux accents tout aussi médiévaux que cold-wave, ou "Everyone’s Waiting", beau comme un voile solennel déchiré par l’émotion.

"Dualité et lutte" pourrait être le fil rouge qui résume bien l’impression qui transparaît, le sentiment que de cette diversité émerge finalement la présence de forces contraires qui péniblement s’affrontent et s’équilibrent. Entre pesanteur et élévation, fragilité et détermination, contingence et transcendance ("Ces tableaux vides"), le drame n’est jamais bien loin, mais comme conjuré par une sorte de fuite en avant. Voilà, c’est une musique qui avance, tantôt en languissant, tantôt au pas de charge, mais toujours fière. Et si la guerre contre toutes nos douleurs et nos angoisses est sans doute difficile à gagner, peut-être que ce disque nous aidera à remporter au moins une bataille.

Marc Schmit

L’Aurore
Hang On
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Don’t Snap Me
Ces tableaux vides
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