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Dent May – The Good Feeling Music of Dent May & His Magnificent Ukulele

DENT MAY – The Good Feeling Music Of Dent May & His Magnificent Ukulele
(Paw Tracks / La Baleine) [site] – acheter ce disque

DENT MAY - The Good Feeling Music Of Dent May & His Magnificent UkuleleVenu tout droit de Taylor, dans le Mississipi, Dent May et son look improbable de gendre idéal nous enchantent avec ses pop-songs mélodieuses et son arme secrète : l’ukulélé. Repéré par Animal Collective lors de l’enregistrement de leur dernier album "Merriweather Post Pavillon", Dent May est une drôle de curiosité au milieu du paysage hype ambiant. Entre minimalisme lo-fi, arrangements easylistening et performance de crooner, ce sosie de Woody Allen jeune réussit le pari de faire simple et efficace, sans jamais lasser. Et par la même occasion, il parvient à redonner ses lettres de noblesse à l’ukulélé, instrument que le très médiocre et ridicule Julien Doré avait malheureusement traîné dans la boue.

Produit par Rusty Santos (également producteur des pré-cités Animal Collective), "The Good Feeling Music of…" est une succession parfaitement fluide de charmantes vignettes pop. Des ambiances tropicales ("Meet Me in the Garden") aux guitares countrysantes ("Howard"), en passant par des chœurs influencés par le meilleur de la pop doo-wop des 50’s ("Girls on the Square"), la production de l’album cultive un certain éclectisme pop proche de Lee Hazlewood ou de Serge Gainsbourg. Et l’on peut poursuivre les références car il s’agit là d’une vraie petite madeleine de Proust dans laquelle tout adorateur de ballades wilsoniennes (The Beach Boys) devrait croquer – en témoigne le sublime "Love Song 2009".

Cet album vogue sans cesse entre la simplicité des instruments (ukulélé, maracas, quelques cuivres, un trait de violon, etc.) et la grandiloquence d’une véritable voix de crooner – en cela il rappelle ce que fait le génial Stephin Merritt avec The Magnetic Fields. Cette dualité se trouve aussi présente sur le fond puisque les paroles humoristiques – telle cette ode au tennisman Michael Chang ("God Loves You, Michael Chang") ou ce regard moqueur porté sur l’adolescence ("College Town Boy") – cachent mal une douce amertume ("Girls on the Square"). Notre ami américain est finalement très proche d’un Elvis Costello ou d’un Jonathan Richman, désireux de poursuivre sur la voie d’une fausse naïveté. Et le danger qui le menace est le même que celui qui guette ces deux-là : de ne jamais être pris au sérieux à force d’amuser la galerie. Dent May saura donc toucher les âmes sensibles et les adorateurs de love songs légèrement mélancoliques. Car, au-delà de l’allure volontairement oldschool et de la fantaisie de son auteur, à laquelle l’ukulélé se prête d’ailleurs excellemment, ce disque est d’une richesse mélodique remarquable et mériterait qu’on s’y arrête, au moins le temps d’un baiser langoureux sous la lune d’un ciel d’été.

Sébastien Jenvrin

Welcome
Meet Me in the Garden
College Town Boy
Oh Paris!
Howard
Girls on the Square
You Can’t Force a Dance Party
God Loves You, Michael Chang
At the Academic Conference
26 Miles (Santa Catalina)
I’m an Alcoholic
Love Song 2009

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