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Exsonvaldes – Near the Edge of Something Beautiful

EXSONVALDES – Near The Edge Of Something Beautiful
(Volvox / Sounds) [site] – acheter ce disque

EXSONVALDES - Near The Edge Of Something Beautiful Contrairement à ce que pourrait laisser sous-entendre le titre de ce second opus – qui, soit dit en passant, sonne comme un jeune premier -, nos Parisiens ne se contentent nullement de longer les jolies côtes continentales en n’osant poser le pied en terre de beauté pop/rock, que nenni, ils voguent humblement, droit devant, la fraîcheur du vent de l’innocence et de la sincérité en poupe, et quand vient l’heure de l’abordage, alors les quatre pirates n’ont pas leur pareil pour s’emparer habilement – charité bien ordonnée oblige – des richesses mélodiques propres aux éminents joailliers qu’ils ont pour mentors et/ou amis : un peu de scoutisme à l’orée des senteurs boisées des Girls in Hawaii par-ci ("A Day Like Today", emmenée par cette voix fragile et nonchalante qui joue au yoyo, et qu’auréolent des solos de guitare sautillants, des claps et un sympathique vibraphone, en est l’illustration parfaite), un zeste de ferveur intelligente empruntée aux éternels adolescents de Nada Surf par-là ("Last Year" ; "Everything I See" ; le morceau éponyme…), et déjà l’ébauche d’un portrait-robot se dessine. Le joli refrain de "Life in Pieces", badigeonné de nuances à la Calc, apporte une couleur supplémentaire des plus agréables qui étoffe la palette déjà bien achalandée. Et, pour clore le chapitre des références colorées, le choix de la pochette tout "In Rainbows" n’est sans doute pas anodin non plus, tant l’ombre de Radiohead apparaît en filigrane à travers tout l’album (particulièrement sur le sombre "Sunlight", ou encore sur "Old & Weak", sorte de complainte propulsée à mi-chemin par une nuée électronique enjouée). "Lali", avec son approche catchy plus électro et son refrain entêtant nourri d’une fougueuse voix féminine est, quant à lui, un philtre imparable qui incite quiconque s’y frotte à se trémousser énergiquement.

Mais ce qu’il y a de bien avec cette ambitieuse formation, c’est que leurs liens avec les artistes précités s’étiolent aussi vite qu’ils ne sautent aux oreilles, soit en trois secondes, parce qu’au centre de ces nids douillets édifiés avec amour et talent par leurs aînés, nos drôles de coucous ont su déposer de jolis oeufs tout à fait personnels, qui, dès éclosion, annihilent d’un coup d’aile tout parfum de resucée. En d’autres termes, les Exsonvaldes ne se sont pas laissés manger par le patchwork musical qui les a faits, mais, au contraire, sous la houlette d’Alex Firla (Phoenix…), ils ont su dompter la bête, et s’approprier une petite parcelle de terre qu’ils habitent honnêtement aux côtés d’artistes déjà bien assis. Comme quoi, on trouve toujours de la place pour le talent. D’ailleurs, au sens propre comme au figuré, les quatre oiseaux n’hésitent pas à investir votre salon le temps de quelques chansons, si si, je vous jure.

Quant au contenu des chansons, je ne résiste pas au résumé plein d’humour de Simon (chant, guitare) et d’Antoine (guitare, clavier) qui déclarent : "globalement, les deux thèmes principaux sont les filles, le temps qui passe, le temps qui passe avec les filles… et les filles qui passent avec le temps".

Et dire que le groupe tire son nom du pétrolier "L’Exxon Valdez" qui a sombré tristement, laissant derrière lui une désastreuse marée noire. Il faut croire que sous son nouveau nom de baptême, l’embarcation Exsonvaldes est taillée pour fendre la mer, et nous livrer un flot de bijoux mélodiques, tantôt mélancoliques, tantôt chaloupés, mais, en tout cas, aux effets salutaires.

David Vertessen

A Day Like Today
Lali
Near the Edge of Something Beautiful
Last Year
Old & Weak
PPM
I Know
84
Everything I See
Sunlight
Life in Pieces

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