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Grizzly Bear – Friend

GRIZZLY BEAR – Friend
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GRIZZLY BEAR - Friend S’il y a un an Grizzly Bear ouvrait grand les guillemets avec "Yellow House", le groupe nous revient aujourd’hui avec une parenthèse en (grande) forme d’EP, qui confirme que nos quatre amis de Brooklyn allient toujours aussi bien les points d’exclamation et ceux de suspension. Mieux qu’un album de remixes, mieux qu’une série de collaborations, mieux qu’un recueil de nouvelles versions, de reprises ou d’inédits, ce "Friend EP" est plus que tout cela à la fois. Au-delà de l’amitié du titre, c’est d’ailleurs plutôt à une fête de famille que nous invite Grizzly Bear, tant le groupe a su s’entourer à la perfection. L’incontournable Beirut ouvre ainsi le bal en orchestrant une version (hard) "Choir" d’"Alligator", une des premières démos du groupe. La rencontre entre les deux comètes pop, de parenté évidente, se prolonge d’ailleurs avec encore plus de majesté sur l’époustouflant final (caché) du disque. Entre ces deux monuments, le casting de rêve se poursuit avec Band of Horses, Atlas Sound, mais aussi CSS, dont la reprise de "Knife" confirme ce que nous pressentions depuis le début : "Yellow House" recèle bien des méga tubes en puissance… qui perdent pourtant de leur singularité une fois révélés. Il y a enfin quelques morceaux "pur jus" du groupe, à commencer par cette reprise lancinante à souhait des Crystals, "He Hit Me". Suivent des titres de "Yellow House", tous méconnaissables car métamorphosés par leurs propres géniteurs, ainsi qu’un inédit poignant, "Granny Dinner". Au-delà des codes et des genres, le génie de Grizzly Bear est de persister à faire de la pop un genre mouvant et passionnant. On a plus que jamais l’impression d’assister à la création d’un nouveau "son" indie, peut-être même celui qui plus tard synthétisera le mieux le laboratoire musical des années 2000 – intensément fantasque, éléphantesque et tendu. Ce "Friend EP", à mille lieux du marketing honteux des cd bonus, pourrait alors bien être l’agora d’une cité pop en perpétuelle construction.

Christophe Patris

A lire aussi :
L’interview (2007)
La chronique de "Yellow House"
L’interview (2006)
La chronique de "Horn of Plenty"

Alligator (Choir Version)
He Hit Me
Little Brother (Electric)
Shift (Alternate Version)
Plans (Terrible vs. Nonhorse: Sounds Edit)
Granny Diner
Knife (Covered by CSS)
Plans (Covered by Band of Horses)
Knife (Covered by Atlas Sound)
Deep Blue Sea (Daniel Rossen Home Recording)

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